Compte rendu de la séance d’hommage à Robert Chambeiron

Jeudi 14 décembre, pour ses 10 ans d’existence, l’ADVR a rendu hommage à son fondateur, Robert Chambeiron. C’était aussi  pour nous l’occasion de commémorer le 80° anniversaire  du CNR  dont  Robert Chambeiron avait été un des artisans, aux côtés de Jean Moulin, de la mise en place. Avec Pierre Meunier, son secrétaire général, il avait contribué à le faire fonctionner après l’arrestation de Jean Moulin en juin 1043.

À l’occasion de cet hommage, nous avons projeté des extraits d’une interview faite en 2011, dans le cadre de la préparation du film de Vincent Goubet « Faire quelque chose » dans lesquels, notamment, Robert Chambeiron explique concrètement comment cet organisme essentiel de l’unification de la Résistance a permis à de Gaulle d’être reconnu comme un chef d’État et non plus seulement comme  un chef de guerre. Il explique aussi comment 19 personnes, souvent activement recherchées par les polices allemande et française ont pu se rassembler en plein Paris, au 48 rue du Four, le 27 mai 1943. Robert Chambeiron nous montre également l’extrême difficulté d’organiser la sécurité des réunions régulières du bureau du CNR. L’interview entière est d’ailleurs sur notre site. Les 45 minutes choisies pour notre séance y seront placées bientôt.

La séance s’est poursuivie avec la présentation par Marie- Fraçoise Bechtel du livre d’entretiens qu’elle a eus avec Robert Chambeiron : « Résistant », publié chez Fayard en 2014. Comme Robert Chambeiron n’a pas voulu publier ses mémoires, ce livre constitue en quelque sorte les mémoires de cet acteur essentiel de la Résistance politique. Une discussion animée et vivante autour de la personnalité de Robert Chambeiron, de son action résistante  et de l’oeuvre du CNR a clos cette belle séance d’hommage.

Calicot installé sur la mairie du 14e où se déroulaient les célébrations parisiennes de la Journée Nationale de la Résistance en 2014

Conférence commune UCFAF/ADVR sur le Haut-Karabakh, 8 décembre 2023

Le 8 décembre 2023, l’Ucfaf et l’Advr ont organisé une conférence sur le thème : « Les Arméniens au Hait-Karabakh, appréhender le contexte actuel ». Le conférencier, Claude Mutafian, est l’auteur de nombreux livres sur l’Histoire de l’Arménie. Avant d’aborder la situation actuelle, il a présenté de façon très claire l’ Histoire compliquée de l’Arménie depuis l’Antiquité. Il a constaté que la perte du Haut-Karabakh était irréversible, alors même qu’il était le cœur de l’Arménie historique, car l’Arménie n’est pas en mesure de gagner une guerre contre l’Azerbaïdjan. Le nettoyage ethnique que le Haut-Karabakh vient de subir sera, selon toute probabilité, l’Histoire l’a déjà montré, suivi d’une destruction du patrimoine arménien dans la région. Pour le moment, le meilleur protecteur contre une nouvelle offensive anti-arménienne se révèle être l’Iran.
La conférence a été filmée par Miguel Vallcillo pour l’ADVR et sera placée sur notre site dès que possible. (advr.fr) Cette conférence s’est tenue dans les locaux du Centre culturel arménien, dans le 10e. Le public était nombreux, composé pour moitié d’adhérents et d’amis de ’l ADVR.
Bien cordialement.
Yves Blondeau

Décès de Jean Villeret, résistant, déporté.

Jean Villeret après sa conférence à la Mairie du 20ème le 22 mars 2022 (photo : MVM)

Yves Blondeau, aux obsèques de Jean Villeret, pour l’ADVR (photo  Pascal Crépin)

Jean Villeret au Lycée Hélène Boucher, témoignage auprès des élèves, janvier 2023 (photo YB)

Lundi 27 novembre 2023 ont eu lieu les obsèques de notre ami Jean Villeret, résistant FTP, déporté à Natzweiler-Struthof puis Dachau.
Jean Villeret était membre du conseil d’administration de l’ADVR et de son comité d’honneur. Il était aussi président de la FNDIRP (Fédération Nationale des Déportés, Internés Résistants et Patriotes). Il était commandeur de la Légion d’honneur et commandeur de l’ordre des Palmes académiques.
Jean Villeret allait avoir 101 ans dans quelques jours, le 10 décembre. Le poids des années ne l’a pas empêché de participer au travail de mémoire jusqu’au bout. Inlassablement, il répondait présent à toutes les invitations qui lui étaient faites pour parler dans les écoles, collèges, lycées.
En mai 2022, il a donné pour l’ADVR une conférence émouvante que nous avons filmée et qui se trouve sur notre site. En janvier 2023, il était au lycée Hélène Boucher, comme chaque année depuis près de 25 ans. Il était un infatigable passeur de mémoire.
En décembre 2022, à la veille de ses 99 ans, avec le journaliste Julien Le Gros et Miguel Vallecillo-Mata nous avons recueilli un long témoignage de Jean dont Miguel a fait un documentaire que vous pouvez aussi retrouver sur notre site.
Au printemps dernier, il publiait un livre d’entretiens avec Julien Le Gros intitulé « Un jour, nos voix se tairont ».
A ses obsèques, au nom de l’ADVR, j’ai prononcé une allocution dans une église noire de monde où une quarantaine de porte-drapeaux encadraient son cercueil recouvert d’un drapeau tricolore. L’ADVR perd un compagnon de route, un ami, un témoin précieux. Nous ferons en sorte que sa voix ne se taise pas.
Yves Blondeau

Jean Villeret avec Yves Blondeau, Julien Le Gros, Jean Pierre Brovelli et Miguel Vallecillo Mata à la Mairie du 20ème. (photo Anny)

L’Affiche rouge chantée au Mont Valerien

Le 18 juin 2023, lors des commémorations organisées au Mont Valérien, le président de la République annonçait l’entrée au Panthéon de Missak et Mélinée Manouchian. À cette occasion, la sympathique chorale « Les agités du vocal » a chanté, sur les lieux mêmes de l’exécution de Manouchian et de ses compagnons, dans la clairière des fusillés, le poème d’Aragon mis en musique par Léo Ferré,  » l’Affiche rouge ».Ce fut, à cet endroit, particulièrement émouvant.

Partisans de la liberté – clip extrait du film de Christophe Betenfeld

Partisans de la liberté (juin 2010) est un film  documentaire d’un peu plus d’une heure dédié à la mémoire d’Henry Karayan (1921-2011), résistant  rescapé du groupe Manouchian, au sein des FTP MOI. C’est avec beaucoup de force et d’humilité  que le vieil homme confie, pour la première fois,  son engagement à des jeunes élèves de 3e du  collège Jean Lurçat de Ris-Orangis. Henry  Karayan parle de ses liens étroits avec Missak  Manouchian, son mentor, arrêté le 16 novembre  1943 à quelques centaines de l’établissement  scolaire classé ZEP. Durant une année,  Christophe Betenfeld et Sébastien Viaud,  enseignants d’histoire et de français, ont filmé la  mue de leurs élèves, la fusion transgénérationnelle  de deux mondes qui se rejoignent. A la fin de  l’année, grâce aux interventions d’Henry Karayan,  aux témoignages des résistants Jean Rispal,  Raymond Aubrac, Julien Lauprêtre, à la lecture  des œuvres des écrivains Alain Blottière, Didier  Daeninckx et aux visites sur les lieux de mémoire,  la magie opère. Avec une empathie qui rend  admiratif leurs professeurs, les élèves  s’approprient la mémoire des grandes figures de  « l’affiche rouge », « 20 et 3 étrangers qui criaient  la France en s’abattant ». Dommage, le film n’a  pas bénéficié d’une grande distribution.

« Faire connaître le sacrifice de ces hommes  « morts pour la France » dans une époque où le  racisme, l’antisémitisme, l’anti étrangers gagnent  du terrain, est un devoir d’honneur. Merci pour  cette bouleversante projection » : Julien  Lauprêtre, président du Secours populaire  français. 

« Une œuvre qui démontre la compréhension et  l’adoption des valeurs de la Résistance » :  Raymond Aubrac

« Félicitations pour ce travail remarquable » :  Robert Guédiguian

« Ce film montre simplement comment des jeunes  d’aujourd’hui augmentent leur sensibilité au monde  en rencontrant d’autres jeunes que l’Histoire n’a  pas épargnés. Merci pour ce cadeau » : Didier  Daeninckx

« Cette classe sous la direction de ses professeurs  a réalisé un remarquable travail qui mérite une  diffusion nationale. On suit l’évolution de la  démarche pédagogique et la métamorphose des  élèves à travers une prise de conscience qui se  fait peu à peu. Ainsi le travail de mémoire est-il  pleinement réussi ! » : Jean Rives, historien. « Merci au collège Jean Lurçat, à l’équipe des  professeurs, aux élèves de la classe 305 dont la  jeunesse est entrée, par miracle, en résonance  avec celles de mes camarades ». : Henry  Karayan.

Ginette Kolinka, Histoires de la Résistance et la Déportation

Ginette Kolinka, survivante d’ Auschwitz, témoin inlassable.
Ginette Cherkasky est née à Paris en février 1925 dans une famille juive athée de 7 enfants.
En juillet 1942, pour échapper à la rafle du Vel’ d’Hiv’ la famille se réfugie à Avignon.
Elle a 19 ans lorsqu’elle est arrêtée en mars 1944 avec son père, son neveu de 14 ans et son petit frère de 12 ans, sur dénonciation.
Internés à la prison d’Avignon puis à Drancy, ils sont déportés par le convoi numéro 71 en avril 1944 à Auschwitz. Son père et son frère sont gazés dès l’arrivée. Ginette et son neveu sont sélectionnés pour le travail. Lorsque le camp d’Auschwitz est évacué, à l’approche de l’armée rouge en janvier 1945 elle est internée à Bergen-Belsen puis à Theresienstadt. Libérée en mai 1945, elle retrouve sa mère et quatre de ses sœurs à Paris. Elle se marie et devient vendeuse sur les marchés à Aubervilliers. Son fils Richard est le batteur du groupe « Téléphone ». À partir des années 2000 elle témoigne inlassablement dans les écoles, collèges et lycées. Naturellement, elle vient témoigner au Lycée Hélène Boucher lors des rencontres élèves/témoins.

Film réalisé par Miguel Vallecillo Mata suite à l’interview que nous avons fait chez elle le 1 avril 2023 avec Yves Blondeau