
conférence de Jean-pierre Brovelli : quel avenir pour les valeurs de la Résistance ?


Jeudi 22 octobre, l’Association de Défense des Valeurs de la Résistance a ouvert sa nouvelle saison de travail avec une conférence donnée par Jean-Olivier Viout sur Barbie, chef de la Gestapo de la région de Lyon, et le procès qui s’est tenu en 1987 de ce criminel contre l’humanité.
Jean-Olivier Viout, procureur général honoraire de Lyon, était procureur adjoint au procès de Klaus Barbie. Aujourd’hui, près de 40 ans après, Jean-Olivier Viout est l’un des rares témoins et acteurs de ce procès qui peut encore en témoigner directement. Il se fait d’ailleurs un devoir de le faire. Il a fait partager son émotion qui reste intacte au public de l’Advr. Sa conférence, claire, précise et brillante, nous a permis de mieux connaître la personnalité de ce tortionnaire chasseur de résistants, de juifs et même d’enfants juifs, sa façon de penser en SS ce qu’il est resté jusqu’au bout sans jamais exprimer le moindre regret pour ses crimes.
La conférence de Jean-Olivier Viout a marqué une étape importante dans le travail que mène notre association pour l’Histoire et pour la Mémoire de cette période.
Pour ceux qui n’ont pas eu la possibilité ou la chance de pouvoir bénéficier de ce témoignage direct, nous avons filmé la conférence de Jean-Olivier Viout et vous la ferons partager dès que possible.
Ci-dessous quelques photos de la conférence.





Dans le cadre du 90e anniversaire de la guerre d’Espagne
Vendredi 20 février, à la veille du 82e anniversaire de l’exécution de Missak Manouchian et de ses compagnons,nous avons rendu hommage aux fusillés de l’Affiche rouge avec nos amis de l’ Union culturelle française des Arméniens de France (UCFAF) en compagnie de la Jeunesse arménienne de France (JAF) et de l’ Association nationale des anciens combattants de la résistance arménienne (ANACRA).
Pour cette soirée d’hommage, nous avons choisi de présenter le film de Robert Guédiguian : «L’armée du crime». Après le film était organisé un colloque en présence du réalisateur du film Robert Guédiguian, de Georges Duffau-Epstein, fils du colonel Joseph Epstein chef des FFI de l’Ile-de-France arrêté en compagnie de Manouchian en novembre 1943 et fusillé lui aussi au Mont-Valerien, du professeur Jean-Pierre Mahé, membre de l’Institut, d’Olivia Guiragossian, secrétaire de la JAF, d’Edmond Yanékian, président de l’UCFAF et de Yves Blondeau secrétaire général de l’ADVR.
L’entrée au Panthéon il y a deux ans de Missak et Mélinée Manouchian, accompagnés d’une plaque portant les noms des 22 fusillés du groupe et de Joseph Epstein, a été une grande étape pour la reconnaissance du rôle des combattants étrangers dans la Résistance mais notre travail de mémoire doit évidemment continuer. Le film de Robert Guédiguian est une œuvre militante qui va dans le même sens que l’action que nous menons à l’ADVR, il contribue lui aussi et avec talent à « passer la mémoire » comme aimait à le dire Robert Chambeiron.





Conérence de Marie-Jo Bonnet, mairie du 20e, 15 janvier 2026
Marie-Jo bonnet est historienne, docteur en histoire, commissaire de l’exposition « Lutétia, le
retour des déportés », auteur d’une quinzaine de livres dont plusieurs sur la Résistance, en
particulier « Tortionnaires, truands et collabos, la bande de la rue de la Pompe, 1944 », qu’elle
nous a présenté en 2013 et son avant-dernier ouvrage « Plus forte que la mort, survivre grâce à l’amitié dans les camps de concentration ».
Dans son travail, Marie-Jo Bonnet s’appuie sur les témoignages de Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle, Odette Abadi, Simone Veil, Margarete Buber-Neumann, Odette Fabius notamment. Toutes ces femmes ont souligné combien l’amitié, la tendresse, voire l’amour et parfois l’homosexualité, car la frontière entre l’amitié et l’amour est difficile à délimiter, ont été importants pour assurer la survie d’un certain nombre d’entre elles.
L’amitié a pu transcender les origines sociales et créer des liens qui ne se sont jamais démentis jusqu’à leur mort. Cela a d’ailleurs été confirmé par deux femmes déportées à Ravensbrück, Rosette Onesti et Pierrette Rossi présentes dans la sallle. Si la solidarité politique a souvent été présentée et étudiée, cet aspect-là de l’amitié qui permet de sauvegarder la dignité humaine, n’avait pas été encore évoqué. Nous saluons le courage de Marie-Jo Bonnet qui a su s’engager dans ce travail difficile et délicat. Lors de la conférence qu’elle nous a donnée, elle a su faire comprendre la différence, ou tout au moins une des différences, entre la déportation des hommes et celle des femmes. Les hommes ont parfois été sauvés par un mot, un encouragement fraternel mais toujours empreint d’une certaine virilité. Les femmes, elles, peut-être parce qu’elles ont été mères ou qu’elles le seront n’hésitent pas, outre les mots d’encouragement, à délivrer une caresse, un baiser, à permettre à leur compagne de malheur de pleurer dans leurs bras et à les encourager d’un contact physique qui leur fait sentir leur humanité à travers leur corps. J’entends Marie-Jo Bonnet évoquer le cas de cette déportée épuisé, trempée, désespérée, qu’une de ses camarades vient voir. Elle lui dénoue son foulard, la serre contre sa poitrine et la laisse pleurer ainsi. Ce contact, cette chaleur humaine permettront à la malheureuse de retrouver l’envie de vivre qu’elle avait abandonnée. Militante féministe,Marie-Jo Bonnet nous montre également le lien qui n’est pas un simple hasard entre cette solidarité par l’amitié, cette sororité qui s’est développée dans l’horreur des camps et la volonté d’émancipation des femmes au cours des années 70 en évoquant le « Chant des marais ». Les féministes du MLF ont en effet choisi la musique de ce chant symbole de la déportation, en modifiant les paroles, comme hymne de leur combat. Il était émouvant de l’entendre chanter ces paroles reprises par une partie de la salle.


Jeudi 11 décembre à la Mairie du 20e, Stéphanie Trouillard est venue présenter son dernier Web documentaire pour l’ADVR. Stéphanie est une fidèle de notre association, elle est déjà venue présenter en décembre 2021 son premier livre: Mon oncle de l’ombre et nous l’avons retrouvée en octobre 2023 pour la présentation de son second livre : Le village du silence. Entre-temps elle a participé régulièrement aux rencontres de témoignages avec les élèves, que l’ADVR organise chaque année, au Lycée Hélène Boucher.
C’est donc avec plaisir et intérêt que nous l’avons accueillie ce jeudi 11 décembre.
Stéphanie Trouillard mène un important travail pour la mémoire de la Résistance et de la Déportation qui l’a amenée également à publier deux bandes dessinées : Le sourire d’Auschwitz et Si je reviens un jour, lettres retrouvées de Louise Pikovsky » qui redonnent vie à deux jeunes inconnues assassinées à Auschwitz.
Dans son film Nous rentrerons ensemble, elle évoque l’importance de l’amitié qui lie deux femmes déportées à Ravensbrück et qui leur permet de se soutenir mutuellement jusqu’au bout de leurs forces. Malheureusement leur promesse ne se réalisera pas puisque une seule survivra aux marches de la mort qui suivent l’évacuation du camp.
C’est un film conçu de façon très pédagogique qui mérite d’être largement utilisé par les enseignants et qui se distingue par deux caractères originaux. D’abord il relate l’itinéraire de deux femmes, ensuite il évoque une solidarité liée à la simple amitié, beaucoup moins souvent évoquée que la solidarité militante.
La séance s’est terminée par un débat riche et particulièrement intéressant.



L’ADVR( Association de Défense des Valeurs de la Résistance), en partenariat avec l’ACER (Amis des combattants en Espagne républicaine) et MRJ-MOI (mémoire de la résistance juive–main-d’œuvre immigrée) a organisé, jeudi 20 novembre à la mairie du 20e, la présentation des Cahiers d’Alter par Roger Fajnzylberg, fils d’Alter Fajnzylberg.
Alter Fajnzylberg, après avoir connu les prisons polonaises, exilé en France, s’est engagé dans les Brigades internationales pour combattre le fascisme. A la fin de la guerre d’Espagne il a connu les camps d’Argelès, Gurs et Saint-Cyprien, où étaient rassemblés les « apatrides » avant de s’engager dans la Résistance en France. Arrêté en1941, il connaît à nouveau l’internement à Drancy puis à Compiègne avant d’être déporté à Auschwitz avec le premier convoi parti de France en mars 1942. A Auschwitz il est affecté au sonderkommando pendant 18 mois, tout en étant membre actif de la résistance intérieure du camp. Son extraordinaire survie s’explique par sa volonté intangible de pouvoir un jour témoigner de ce qu’il a vu et vécu dans le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.
A son retour Alter rédige plusieurs cahiers relatant l’horreur du camp. Il témoigne également devant les commissions d’enquête polonaise et française mais, prenant conscience que son témoignage reste largement inutilisé (incompris?) il choisit le silence y compris avec son fils… peut-être pour le protéger. Celui-ci a mis longtemps avant de se décider à ouvrir la boîte à chaussures qui contenait les cahiers mais aujourd’hui, après avoir fait traduire les cahiers écrits en polonais, après avoir beaucoup travaillé pour remettre le témoignage dans son contexte, Roger Fajnzylberg ravive la volonté de son père et multiplie les interventions pour montrer ce qu’a été l’horreur de la politique d’extermination nazie.
La très belle conférence de Roger Fajnzylberg a été illustrée par la lecture d’une page des Cahiers en polonais, façon pour nous de rendre hommage à Alter qui avait écrit ses Cahiers en polonais, et par la lecture de passages de ce témoignage par la Compagnie de l’Arbre sec.
Une séance particulièrement riche, émouvante et instructive pour beaucoup que l’ADVR est heureuse d’avoir pu organiser pour donner la parole à Alter.
La séance a été filmée et sera prochainement visible sur notre site : advr.fr

