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Compte-rendu Hommage à Manouchian organisé par l’Ucfaf, la Jaf et l’Advr, le 17 février 2023.

Samedi17 février, au théâtre Victor Hugo de Bagneux, à quatre jours de l’entrée de Missak et Mélinée Manouchian au Panthéon, les trois associations partenaires:   Ucfaf  (Union culturelle française des Arméniens de France), Jaf (Jeunesse arménienne de France) et ADVR (Association de Défense des Valeurs de la Résistance)  leur ont ont rendu un hommage  exceptionnel. Un peu partout, et cela est une  très bonne chose, des tables rondes, des projections-débats, des conférences ont évoqué la mémoire de Manouchian et de ses compagnons.  Nos trois associations ont choisi de leur dédier un spectacle de danses arméniennes  et de faire de cet hommage un moment festif.

La réussite de cette soirée a été complète : une salle de 450 places comble et chaleureuse, un ensemble chorégraphique magnifique. La troupe de danse ANI et son chorégraphe Arto Bekdjian, ont proposé un spectacle spécialement conçu  pour l’événement. De plus, la mairie de Bagneux s’est largement engagée à nos côtés.

Ce fut un moment d’autant plus fort que ce sont les jeunes qui ont porté cette mémoire.

Partisans de la liberté – clip extrait du film de Christophe Betenfeld

Partisans de la liberté (juin 2010) est un film  documentaire d’un peu plus d’une heure dédié à la mémoire d’Henry Karayan (1921-2011), résistant  rescapé du groupe Manouchian, au sein des FTP MOI. C’est avec beaucoup de force et d’humilité  que le vieil homme confie, pour la première fois,  son engagement à des jeunes élèves de 3e du  collège Jean Lurçat de Ris-Orangis. Henry  Karayan parle de ses liens étroits avec Missak  Manouchian, son mentor, arrêté le 16 novembre  1943 à quelques centaines de l’établissement  scolaire classé ZEP. Durant une année,  Christophe Betenfeld et Sébastien Viaud,  enseignants d’histoire et de français, ont filmé la  mue de leurs élèves, la fusion transgénérationnelle  de deux mondes qui se rejoignent. A la fin de  l’année, grâce aux interventions d’Henry Karayan,  aux témoignages des résistants Jean Rispal,  Raymond Aubrac, Julien Lauprêtre, à la lecture  des œuvres des écrivains Alain Blottière, Didier  Daeninckx et aux visites sur les lieux de mémoire,  la magie opère. Avec une empathie qui rend  admiratif leurs professeurs, les élèves  s’approprient la mémoire des grandes figures de  « l’affiche rouge », « 20 et 3 étrangers qui criaient  la France en s’abattant ». Dommage, le film n’a  pas bénéficié d’une grande distribution.

« Faire connaître le sacrifice de ces hommes  « morts pour la France » dans une époque où le  racisme, l’antisémitisme, l’anti étrangers gagnent  du terrain, est un devoir d’honneur. Merci pour  cette bouleversante projection » : Julien  Lauprêtre, président du Secours populaire  français. 

« Une œuvre qui démontre la compréhension et  l’adoption des valeurs de la Résistance » :  Raymond Aubrac

« Félicitations pour ce travail remarquable » :  Robert Guédiguian

« Ce film montre simplement comment des jeunes  d’aujourd’hui augmentent leur sensibilité au monde  en rencontrant d’autres jeunes que l’Histoire n’a  pas épargnés. Merci pour ce cadeau » : Didier  Daeninckx

« Cette classe sous la direction de ses professeurs  a réalisé un remarquable travail qui mérite une  diffusion nationale. On suit l’évolution de la  démarche pédagogique et la métamorphose des  élèves à travers une prise de conscience qui se  fait peu à peu. Ainsi le travail de mémoire est-il  pleinement réussi ! » : Jean Rives, historien. « Merci au collège Jean Lurçat, à l’équipe des  professeurs, aux élèves de la classe 305 dont la  jeunesse est entrée, par miracle, en résonance  avec celles de mes camarades ». : Henry  Karayan.

Ginette Kolinka, Histoires de la Résistance et la Déportation

Ginette Kolinka, survivante d’ Auschwitz, témoin inlassable.
Ginette Cherkasky est née à Paris en février 1925 dans une famille juive athée de 7 enfants.
En juillet 1942, pour échapper à la rafle du Vel’ d’Hiv’ la famille se réfugie à Avignon.
Elle a 19 ans lorsqu’elle est arrêtée en mars 1944 avec son père, son neveu de 14 ans et son petit frère de 12 ans, sur dénonciation.
Internés à la prison d’Avignon puis à Drancy, ils sont déportés par le convoi numéro 71 en avril 1944 à Auschwitz. Son père et son frère sont gazés dès l’arrivée. Ginette et son neveu sont sélectionnés pour le travail. Lorsque le camp d’Auschwitz est évacué, à l’approche de l’armée rouge en janvier 1945 elle est internée à Bergen-Belsen puis à Theresienstadt. Libérée en mai 1945, elle retrouve sa mère et quatre de ses sœurs à Paris. Elle se marie et devient vendeuse sur les marchés à Aubervilliers. Son fils Richard est le batteur du groupe « Téléphone ». À partir des années 2000 elle témoigne inlassablement dans les écoles, collèges et lycées. Naturellement, elle vient témoigner au Lycée Hélène Boucher lors des rencontres élèves/témoins.

Film réalisé par Miguel Vallecillo Mata suite à l’interview que nous avons fait chez elle le 1 avril 2023 avec Yves Blondeau

Rencontre autour de Jean Villeret : parcours d’un des derniers résistants déportés du Val-de-Marne

Samedi 1er avril 2023. 15h-17h

L’échange s’articulera autour de Jean Villeret [VILLERET Jean, Marcel, Claude. Dit Bill – Maitron], tourneur à l’usine Bi-Métal d’Alfortville, réfractaire à la Relève et au Service du travail obligatoire (STO), résistant franc-tireur et partisan (FTP), déporté à Natzweiler-Struthof et à Dachau-Allach. Ce centenaire infatigable sillonne les écoles de France pour raconter son parcours à la jeunesse et transmettre ses valeurs humanistes qui sont celles de la Résistance au fascisme.

La discussion sera animée par  Julien Le Gros, auteur de l’ouvrage « Un jour nos voix se tairont, entretiens avec Jean Villeret » à paraître le 25 avril aux éditions Alisio Leduc https://www.editionsleduc.com/produit/3133/9782379353277/un-jour-nos-voix-se-tairont et Didier Alvarez. Celui-ci a consulté les archives de la préfecture de police de Paris et co-rédigé avec Claude Pennetier la notice de Jean Villeret dans le Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et mouvement social.
Pour plus d’informations: https://archives.valdemarne.fr/agenda-et-manifestations/agenda?detail=127842

Réservation auprès des Archives du Val-de-Marne  0156714560 ou archives@valdemarne.fr
Accès : Maison de l’Histoire et du patrimoine 15 rue, de la Prévoyance 94500 Champigny-sur-Marne

En transport
RER A arrêt Joinville-le-Pont puis bus 108 et 110 arrêt Aristide Briand le Plant ou bus 201 arrêt Bel-Air

 

Prochaine conférence proposée par l’association de Défense des Valeurs de la Résistance

Prochaine conférence proposée par l’association de Défense des Valeurs de la Résistance (ADVR).

Lundi 20 décembre, 16 heures,  Mairie du 20°, salle des mariages.

Au terme d’une passionnante enquête, Stéphanie Trouillard nous fera découvrir  André Godet, son grand-oncle, jeune maquisard breton fusillé en juillet 1944.

 

 

 

Conférence de Jean-Pierre Brovelli

 

 

Vendredi 28 mai 2021 : cérémonie au Père-Lachaise devant le Mur des Fédérés

Vendredi 28 mai, 150 ans jour pur jour  après la fin des combats de la Commune, l’ADVR a organisé  une cérémonie au Père-Lachaise devant le Mur des Fédérés à la mémoire  de ceux qui se sont levés pour construire un monde plus juste. Leurs espoirs ont été repris par les résistants et concrétisés par le programme du CNR, « Les jours heureux ». C’est cette filiation entre fédérés et résistants que nous voulions souligner par notre action. Après avoir déposé une gerbe à la mémoire de  nos camarades de 1871, nous sommes allés déposer une gerbe sur la tombe de Robert Chambeiron qui repose à quelques mètres de ce haut lieu de Mémoire.

Allocution de Yves Blondeau, secrétaire général de l’ADVR, le 28 mai 2021 au Père-Lachaise, lors du 150° anniversaire de la Commune.
Chers amis de l’ADVR c’est un plaisir de pouvoir se retrouver, enfin, pour une action commune autour des valeurs qui nous sont chères. Voilà plus d’un an que notre association n’a pas pu mener la moindre action collective. L a dernière action de l’ADVR a en effet été la rencontre entre élèves et témoins au lycée Hélène Boucher, le 6 mars 2020, à la veille du premier confinement.

Lorsque nous avons décidé de faire quelque chose pour commémorer le 150° anniversaire de la Commune, anniversaire qui mérite particulièrement d’être célébré, l’idée est venue naturellement de nous retrouver devant le Mur des Fédérés. Mais, si individuellement nous l’avons souvent fait avec les Amis de la Commune et les partis politiques de gauche, l’ADVR en tant qu’association liée à la Résistance avait-elle légitimité à le faire?

Si nos liens avec la Résistance sont forcément évidents, les liens entre la Commune et la Résistance le sont-ils autant? Les contextes historiques entre les deux événements méritent que l’on s’y arrête. Dans les deux cas les mouvements commencent après un effondrement militaire catastrophique, inattendu et humiliant. Les généraux ne disaient-il pas à Napoléon III « il ne manque pas un bouton aux guêtres de nos soldats », les dirigeants politique de 1939 ne disaient-ils pas « nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts », « nous avons la meilleure armée du monde »!

Dans les deux cas c’est le même ennemi qui écrase la France, le 3° Reich en 1940, les Prussiens devenus Allemands lorsque Guillaume roi de Prusse se fait couronner empereur
d’Allemagne dans la galerie des glaces à Versailles, en janvier 1871, réalisant ainsi l’unité allemande. Dans les deux cas des gouvernements de capitulation, contre la volonté des patriotes, cèdent l’Alsace-Moselle aux Allemands.
Ces gouvernements de capitulation ont aussi accepté l’occupation d’une large partie du pays (ce sera à chaque fois pour 5 ans!). De même, Thiers, comme Pétain, payent de lourdes indemnités de guerre: 5 milliards de francs-or en 1871, 400 millions de francs par jour en 1940, qui contribueront à appauvrir la France.
Voilà des faits, et on peut continuer. Versailles ou Vichy, des gouvernements installés à l’écart de la capitale; Versailles ou Vichy, des gouvernements qui massacrent par milliers les plus nobles de leurs fils; Versailles comme Vichy auxquels l’Allemagne octroie des troupes pour maintenir l’ordre: une « armée de l’armistice » de 100 000 hommes en zone sud en 1940, 100 000 prisonniers libérés par Guillaume premier pour reconquérir Paris en 1871… Mais le plus important est la similitude des aspirations des communards et des résistants. D’abord, une grande ambition éducative. Les communards veulent une école laïque, obligatoire et gratuite, le CNR demande un enseignement secondaire et supérieur accessible à tous grâce à un système de bourses. Les communards veulent un Etat débarrassé de l’influence de l’Eglise, le CNR veut instituer une République laïque.
On doit d’ailleurs souligner que ces idées-forces des communards ont été mises en oeuvre par la république bourgeoise qui les écrasa, à peine plus de 10 ans après la Semaine sanglante (et par un anti-communard acharné, Jules Ferry) en ce qui concerne l’école, et en 1905 pour la séparation des Eglises et de l’Etat!
Mais plus que ces exemples précis, c’est leur philosophie politique qui rassemble ces deux mouvements historiques. Tous deux aspirent à ce que leurs luttes et leurs sacrifices permettent de fonder un monde meilleur, plus égalitaire et plus juste. Si les communards échouent, et à quel prix, les résistants réalisent ce rêve, mais à quel prix aussi, avec « Les
jours heureux ».
Si, donc, les résistants sont les frères de combat des communards, leurs camarades, les communard sont alors aussi nos frères, nos camardes… Et le travail que nous menons pour faire connaître les valeurs de la Résistance contribue aussi à faire connaître les espoirs, les rêves, pour lesquels nos aînés de 1871 se sont sacrifiés. Mais, pour nous, ce n’est pas tout ce qui rapproche les communards des résistants, car à quelques mètres à peine de ce mur si chargé d’histoire et près des tombes d’Eugène
Pottier, de Jean-Baptiste Clément, repose notre ami, fondateur de l’ADVR, notre camarade Robert Chambeiron, juste reconnaissance du lien qui les unit. C’est aussi une juste reconnaissance de la part du Parti communiste qui l’a accueilli dans son tombeau officiel pour honorer l’inlassable combattant de la justice sociale qu’il fut jusqu’à son dernier souffle.

Trois photos de ces cérémonies.

Les participants pendant l’allocution d’Y. Blondeau, secrétaire général de l’ADVR

Danielle Chambeiron, présidente de l’ADVR et Katherine Courjaret, trésorière, après le dépôt de gerbe sous la plaque rendant hommage aux morts de la Commune.

Danielle Chambeiron et Marie-Françoise Bechtel (qui a publié chez Fayard un livre d’entretiens « Robert Chambeiron résistant », après le dépôt de gerbe sur la tombe où il repose.

 
(Photos A. Gruska)

Journée Nationale de la Résistance 2021

Le 27 mai 2021, dans le cadre de la Journée Nationale de la Résistance, l’ADVR a participé à la cérémonie commémorant la première réunion du Conseil National de la Résistance qui s’est tenue au 48 rue du Four il y a 78 ans. La cérémonie s’est déroulée sous l’égide du Comité Parisien de la Libération en présence de Jean Rol- Tanguy, son président, Guy Hervy, son secrétaire général, du maire du VI° arrondissement , Jean-Pierre Lecocq, de Laurence Patrice, adjointe de la mairie de Paris à la Mémoire, de Véronique Beaucelle-Delelis, directrice générale de l’ONAC (Office National des Anciens Combattants).
Nous étions heureux de compter parmi les membres de l’ADVR présents Pierrette Rossi, doyenne de notre association qui, à 103 ans, a tenu à honorer de sa présence cette manifestation.

Quelques photos de la cérémonie:

Au micro , Guy Hervy et Laurence Patrice.
Une partie du public et, au fond, assise, Pierrette Rossi.

Pierrette Rossi devant le 48 rue du Four, le 27 mai, lors de la Journée Nationale de la Résistance, avec sa fille Françoise, Danielle Chambeiron et Yves Blondeau.

Willy Gruska. Exposition : « UNE FAMILLE JUIVE DANS LA TOURMENTE »

Willy Gruska est née le 24 juin 1927 à Strasbourg, il est décédé le 13 décembre 2014
Date de l’Exposition : 2009

UNE FAMILLE JUIVE DANS LA TOURMENTE

Conseil General de la Dordogne

Conçue grâce à un travail de recherches en archives, mais, plus encore, grâce à la coopération confiante établie avec deux familles : la famille Gruska, de Strasbourg, dont l’histoire est au centre de l’expositio,n mais aussi la famille Dupuy-Lespine, de Périgueux, qui a joué un rôle essentiel dans le sauvetage des enfants Gruska. L’exposition repose donc sur l’histoire et la mémoire, intimement croisées ainsi que sur des documents privés ou publics, la plupart du temps inédits.
Les parents de Willy Gruska sont déportés par le convoi numéro 62 du 21 novembre 1943 et assassinés à Auschwitz. Marcel, le petit frère, est caché par des familles bénévoles et Willy entre dans un maquis. Il participe aux combats de la libération de la Dordogne et à la libération d’Angoulême.

Film réalisé par Miguel Vallecillo sur des images prises par la petite- fille de Willy, Natacha.

Pierre Morel

C’est avec tristesse que nous avons appris le décès de Pierre Morel à l’âge de 98 ans. Ancien résistant, Pierre Morel fut  membre d’un réseau d’évasion d’aviateurs alliés puis, après avoir rejoint Londres, en passant par le camp de concentration de Miranda en Espagne, il devint membre du réseau Oscar Parson (réseau anglais  du SOE, Special Opération Executive, dépendant du colonel Buckmaster),  et du BCRA , Bureau Central de Renseignements et d’action, dépendant du colonel Passy).

Pierre Morel a été, de 2004 à sa dissolution il y a quatre ans,  président du Comité d’Action de la Résistance, le CAR, créé par Georges Bidault en  1948.

Il était aussi un infatigable militant de la Mémoire et a  participé régulièrement depuis leur création aux rencontres avec les élèves du lycée Hélène Boucher tant que sa santé le lui a permis, ce dont nous lui en sommes très reconnaissants car son témoignage était d’une grande honnêteté et d’une grande richesse. C’est un ami des valeurs que nous portons qui disparaît.

Pierre Morel au lycée Hélène Boucher en 2008