Compte-rendu du 8 mai de l’ADVR

Comme l’avaient suggéré nos amis du Comité Parisien de la Libération, nous avons commémoré à notre façon le 75e anniversaire de la capitulation sans condition de l’Allemagne.
En respectant, naturellement, les précautions sanitaires qui s’imposent nous avons donné rendez-vous à quelques amis-amies du quartier sur le lieu du tunnel de la petite ceinture (rue de Ménilmontant, en face ode la rue Sorbier) et nous avons fleuri la plaque qui évoque les cinq résistants morts au combat à cet endroit. Des militants du parti communiste du quartier nous ont rejoints avec leurs drapeaux rouges et, partis à trois nous nous vîmes près de 20 en arrivant au rendez-vous.
Notre amie Marianne Delranc a évoqué la figure d’un de ces combattants, un Allemand, Peter Menden, ancien des Brigades internationales. J’ai ensuite pris la parole au nom de l’ADVR.
C’était un beau moment, chaleureux.
Des voitures ont klaxonné pour exprimer leur soutien à cette cérémonie.

Un camp de concentration en Eure-et-Loir : le camp de Voves

Le livre d’Etienne Egret et de Dominique Philippe (ELLA Editions, 2019) « Voves 1942-1944, un camp en Eure-et-Loir » mérite d’être présenté par notre association. Il est d’une grande richesse de sources et d’iconographie et aborde tous les aspects de l’histoire et de la vie du camp.

Etienne Egret est secrétaire du Comité du souvenir du camp de Voves et il participe chaque année depuis le début aux rencontres de témoignages du lycée Hélène Boucher.

Le livre est préfacé par Anita Baudouin, secrétaire générale de la FNDIRP.. Il a reçu le prix du Manuscrit de Beauce et Dunois 2018.

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Diaporama de Danilo de Marco

Dans ce contexte où les commémorations sont limitées au maximum, notre ami le photographe italien Danilo de Marco a fait projeter sur les murs de Naples et de 20 autres villes d’Italie ce diaporama rassemblant des résistants italiens et français. Il nous a permis de vous le proposer en l’installant sur notre site advr.fr
Vous reconnaîtrez Robert Chambeiron, Cécile Rol-Tanguy, Robert Endewelt, Pierrette Rossi entre autres.

Rencontres de témoignages du lycée Hélène Boucher (Paris 20e)

Films réalisés par Miguel Vallecillo 
 
Film 1 : Robert Créange, ancien président de la FNDIRP

Film 2 : Odile de Vasselot, membre du réseau Comète (réseau d’évasion d’aviateurs alliés). Son témoignage : ‘Tombés du ciel » vient de paraître en livre de poche


Film 3 : Jacques Klajnberg: enfant caché. Membre du Comité Tlemcen

Report de la conférence de Jean-Pierre Brovelli

En raison de la crise sanitaire,  et en accord avec Jean-Pierre Brovelli, L’ADVR reporte la conférence qu’il devait donner sur « Fascisme; antifascisme et résistance des Italiens » le jeudi 19 mars à la mairie du 29°.

Nous prévoyons de vous la proposer à la rentrée de septembre si le contexte le permet.
Nous sommes désolés de ce report et vous prions de nous en excuser.

Bien cordialement.

Yves Blondeau, secrétaire général de l’Association de Défense des Valeurs de la Résistance.

Rencontres du lycée Hélène Boucher, 6 mars 2020

Rencontres du lycée Hélène Boucher, 2020
L’ADVR a organisé sa rencontre annuelle de témoignages au lycée Hélène Boucher le 6 mars 2020.
Depuis quelques années, pour permettre la continuation de la transmission de la mémoire des années d’occupation et de collaboration, nous sollicitons, outre les témoignages directs de résistants et de déportés, de moins en moins nombreux par la force des choses, des témoignages d’enfants cachés, d’enfants déportés et aussi des témoignages de fils et filles de résistants qui ont souvent écrit sur leurs proches.
La crise sanitaire a hélas fait renoncer un certain nombre de nos anciens à se rendre dans un cadre clos au contact d’ environ 300 élèves. Nous les comprenons parfaitement. Si 26 personnes avaient prévu de venir témoigner, 20 sont cependant venues malgré le contexte général défavorable.
Comme toujours, les élèves étaient au rendez-vous, ce qui nous conforte dans la volonté de continuer à organiser ces rencontres et à poursuivre la transmission autrement. Il est à signaler que ce type d’événement n’est possible que grâce à l’implication totale de l’établissement qui nous accueille.

Yves Blondeau

Vue partielle de la salle (au premier plan Naftali Skrobeck, résistant FTP-MOI)
Ginette Kolinka (survivante d’Auschwitz)
Odile de Vasselot ( résistante, ligne d’évasion Comète)

Inauguration du nouveau Musée de la Résistance Nationale à Champigny-sur-Marne

Samedi 29 février 2020 a eu lieu l’inauguration du nouveau Musée de la Résistance Nationale, quai Victor-Hugo à Champigny-sur-Marne. L’ADVR était représentée
à cet événement important.
Le nouveau musée, situé à l’espace Aimé Césaire, est maintenant très accessible car la station de RER « Champigny » n’est qu’à une dizaine de minutes à pied.
Lorsque les travaux de la ligne 15 auront abouti, le métro sera juste devant l’entrée du musée. C’est important car le musée prendra ainsi une autre dimension en étant beaucoup plus accessible encore et deviendra un grand musée de la Résistance.
Les bâtiments du parc Vercors, où se trouvait l’ancien musée, restent dédiés à la conservation des archives et au travail des chercheurs.
Malgré le froid et la tempête, un public très nombreux a assisté à cette inauguration accompagnée d’un discours du maire de Champigny, Dominique Adenot, d’un discours du président du conseil départemental, Christian Favier, d’un discours de la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, ces collectivités territoriales ayant financé les travaux, d’un discours de Lucienne Nayet, présidente des Musées de la Résistance et d’une allocution du président des Amis du musée, Georges Duffau-Epstein, fils de Joseph Epstein, alias « Colonel Gilles » responsable FTP de la région parisienne, arrêté en même temps que Manouchian, fusillé en avril 1944.
L’ADVR prévoit d’ores et déjà d’organiser à l’automne, en partenariat avec le SNES, comme nous le faisons depuis plusieurs années maintenant, une visite de cet espace muséal.

Le maire de Champigny
La présidente de région
Georges Duffau-Epstein.

UCFAF/ADVR: soirée d’hommage au groupe Manouchian

Vendredi 21 février 2020, l’ADVR, en partenariat avec l’UCFAF (Union culturelle française des Arméniens de France) et la JAF (jeunesse arménienne de France), a commémoré le 76 ° anniversaire de l’exécution des 22 de l’Affiche rouge (Olga Bancic, la 23° condamnée, étant guillotinée en Allemagne en juin 1944).
Régulièrement, depuis plusieurs années, nous nous associons avec nos amis de l’UCFAF, à cet hommage rendu à nos camarades de la MOI qui ont combattu et qui sont morts pour que nous soyons libres et pour que nous vivions dans un monde solidaire.
Dans leur cellule, la veille de leur exécution, ils ont passé le flambeau de leurs espoirs à un jeune résistant de 16 ans, Julien Lauprêtre, qui a passé sa vie à faire vivre la solidarité dont ils avaient rêvé. Militant communiste, Julien Lauprêtre a été président du Secours populaire de 1955 à sa mort en 2019, à l’âge de 93 ans.
Le beau film de Mourad Laffitte et Laurence Karsznia nous a permis de découvrir, ou de mieux connaître, ce personnage exceptionnel qui a transformé le Secours populaire en privilégiant l’action humanitaire à l’action politique. Un magnifique exemple de transmission des valeurs humaines essentielles et de réalisation sans faille du voeu de Manouchian et de ses camarades.
La discussion qui a accompagné le film a été animée par Edmond Yanékiian, pour l’UCFAF, Yves Blondeau, pour l’ADVR, Laurence Karsznia, co-réalisatrice du film, Didier Le Reste, secrétaire général de la fédération CGT des cheminots de 2000 à 2010, conseiller de Paris, l’écrivain Didier Daeninckx, auteur d’un bel ouvrage sur Manouchian, intitulé « Missak » et par l’artiste algérien Mustapha Boutadjine, auteur d’un magnifique portrait de Manouchian.

Photos: les intervenants et portrait de Manouchian par Mustapha Boutadjine.

L’ADVR rend hommage à Rol-Tanguy

Mercredi 12 février 2020, l’ADVR a présenté une conférence filmée du Colonel Rol-Tanguy sur la libération de Paris.
Cette conférence a été filmée au lycée Hélène Boucher où le Colonel était venu en 1996 évoquer son action dans les jours décisifs de l’insurrection qui a permis de libérer la capitale et d’y rétablir les institutions républicaines. Ce témoignage, particulièrement précieux puisqu’il émane de l’homme qui, au nom du CNR et de sa commission militaire le COMAC, a organisé, dirigé et mené à bien l’insurrection, nous a permis de comprendre comment et pourquoi celle-ci a pu être victorieuse.
En effet, Rol-Tanguy, chef régional des FFI de la région parisienne (Ile -de- France actuelle) depuis juin 1944 était, par ses services de renseignements, parfaitement au courant de l’état des forces allemandes: 20 000 soldats allemands démoralisés, commandés par un chef, Von Choltitz, que la radio de Londres menaçait de juger comme criminel de guerre tandis que les Alliés approchaient de Paris… Tout cela permettait de penser que les Allemands ne pourraient pas tenir une ville qui commençait à bouillonner comme le montraient le rassemblement de plus de 100 000 parisiens le 14 juillet et les grèves qui se multipliaient. Le Colonel Rol-Tanguy par ailleurs rappelé les combats de 1789, de 1830, de 1848, de 1871, et la tradition, quand le peuple de Paris ne supporte plus l’oppression, d’édifier des barricades. Les barricades qui se sont dressées, surtout dans les quartiers populaires, ont entravé les mouvements des Allemands très vite confinés dans certains points forts bien retranchés, comme le Luxembourg, la caserne de la République ou le QG de Von Choltitz. Les chars de Leclerc, dont le commandant Gallois envoyé par Rol avait accéléré l’arrivée, ont permis de dégager ces points de résistance et d’accélérer la reddition des Allemands. Mais Paris s’était libérée en grande partie par elle même, par son peuple et par l’action de la Résistance intérieure. Le Colonel Rol est d’ailleurs, aux côtés de Leclerc, signataire de la reddition des Allemands.
Après cela, personne n’aurait pu ne pas appliquer les voeux du CNR inscrits dans le Programme de la Résistance. A la fin du film, l’épouse du Colonel Rol, Cécile, secrétaire et agent de liaison de son mari, a évoqué la vie quotidienne des deux résistants qu’ils étaient et les auditeurs ont également vivement apprécié ce témoignage. La discussion qui a suivi le film a été animée parJean Rol-Tanguy, fils aîné du Colonel Rol, actuellement président du Comité Parisien de la Libération. Il a répondu avec une grande simplicité et beaucoup d’émotion aux questions du très nombreux public. Qu’il en soit vivement remercié.

Yves Blondeau