Compte rendu Visite du Montmartre communard, ADVR/SNES, 17 mars 2026

Mardi 17 mars 2026, l’ADVR en partenariat avec le SNES a organisé une visite du Montmartre communard sous la conduite de deux guides conférenciers membres des Amis de la Commune de Paris 1871.

La date n’a pas été choisie au hasard, c’est la plus proche du jour anniversaire du déclenchement de la Commune, le 18 mars 1871 que nous avons pu retenir. 

Le lieu de la visite non plus n’a pas été choisi au hasard, il s’agit de l’endroit où la Commune a commencé lorsque le  gouvernement dominé par une assemblée royaliste a voulu s’emparer des canons que les Parisiens avaient fondu eux-mêmes pour défendre Paris lors du siège des armées   Prussiennes (18 septembre 1870-28 janvier 1871).

Compte tenu de l’intérêt suscité par cette visite mémorielle,  nous avons composé deux groupes  d’ une vingtaine de personnes accompagnés chacun d’un guide conférencier. La visite a été illustrée, pour l’un des deux groupes, par les chants de la Commune entonnés par la voix forte du conférencier  et s’est terminée sur le lieu de l’exécution d’Eugène Varlin à l’angle de la rue du Chevalier de la Barre et de la rue de la Bonne où il a été transporté par les Versaillais alors qu’il était déjà agonisant, le 28 mai, dernier jour de la Semaine sanglante qui a fait entre 20 et 30 000 morts dans la population ouvrière de Paris.

La visite a été filmée pour l’ADVR par Miguel Vallecillo Mata et nous en proposerons un reportage dès que possible.

Compte rendu de la soirée Ucfaf/Advr autour du film « village de femmes » de Tamara Stepanyan

Le 12 mars, pour la journée des droits  de la femme, l’UCFAF et l’ADVR ont organisé en commun la projection du film de Tamara Stepanyan « Village de femmes ». Le film évoque la vie d’un village de l’Arménie profonde dont les hommes, pour aider à la survie de la famille, partent la plus grande partie de l’année travailler dans la Russie voisine. Le village n’est plus alors peuplé que de vieillards, d’enfants et de femmes. Les hommes retraités, même ceux qui le pourraient, ne participent pas aux travaux des champs et de la vie quotidienne. Toutes ces tâches sont exclusivement  exercées par les femmes qui assurent la vie de la communauté en quasi autarcie. Les salaires des hommes sont certes un supplément, mais le village vit la plus grande partie du temps sur lui-même.

Les femmes échangent les produits de leur ferme et n’achètent que le strict minimum, ce qu’elles ne peuvent pas produire.

Pour réaliser ce film Tamara Srepanyan a  séjourné deux ans dans le village de son reportage, car il a fallu d’abord obtenir l’amitié et  la confiance des femmes, celle des hommes aussi lorsqu’ils étaient là.

Si la vie dans ce village est particulièrement rude, la solidarité l’entraide et la joie des moments passés entre femmes transparaissent régulièrement au fil des images du film délicat de Tarama.

Une discussion passionnée entre le public et la  réalisatrice a suivi la projection du film.

Hélène Zay, fille de Jean Zay, est décédée

Jean Zay a été ministre de l’éducation nationale  et  des Beaux-Arts du Front populaire. Il a laissé une marque importante en prolongeant la scolarité de 12 à 14 ans, en développant le sport à l’école, en créant le CNRS, le musée d’Art moderne, le festival de Cannes… Bien que député, lorsque la guerre éclate, il s’engage. Lorsque Pétain signe  l’Armistice,  Jean Zay  rejoint le Maroc pour continuer le combat dans l’Empire. Arrêté à son arrivée il est condamné pour « désertion »! Il est incarcéré et, le 20 juin 1944, extrait de sa cellule, il est assassiné par la Milice.

Hélène, sa fille, a porté cet héritage de façon exceptionnelle en créant à Orléans, là où son père était député, le Cercil, (centre d’études et de recherches sur les camps d’internement du Loiret) qui mène un énorme travail de Mémoire pour faire connaître les camps d’internement des juifs arrêtés par le régime de Pétain : Pithiviers, Beaune-la- Rolande, Jargeau… avant leur déportation vers Auschwitz.

En décembre 2018 l’ADVR, avec le SNES, a organisé la visite du Cercil et de ce qu’il reste du camp de Pithiviers. La directrice du Cercil nous a reçus à Pithiviers. Puis à  Orléans au musée/centre de recherches c’est Hélène Mouchard-Zay elle-même qui nous a reçus très chaleureusement. 

En mars 2025 nous l’avons invitée pour animer le débat qui suivait la projection du film de Catherine Bernstein : Jean Zay, un crime français 

C’est une grande personnalité de la Mémoire qui disparaît, mais son œuvre continuera ce travail si important qu’elle a réalisé.

Compte rendu la Retirada, le pouvoir des images – film de Jean Pierre Vedel

Mardi 24 février 2026, l’ADVR a présenté le film de Jean-Pierre Vedel : la Retirada, le pouvoir des images, en présence du réalisateur.

2026 marquant le 90e anniversaire du début de la guerre d’Espagne qui est à la fois le début de la Seconde guerre mondiale et aussi le début de la résistance au fascisme,

 nous avons décidé d’évoquer le drame de la Retirada, c’est-à-dire de l’exode de près de 500 000 femmes, enfants, vieillards et combattants républicains qui ont fui l’installation du fascisme de Franco.

À travers des photos retrouvées de ce terrible épisode de l’histoire récente, Jean-Pierre Vedel nous fait vivre cet exode dramatique, prélude à d’autres exodes. On pense bien sûr à celui de mai et juin 1940, mais Jean-Pierre Vedel nous amène jusqu’à celui des réfugiés de Calais. Et, toujours, on peut constater que d’où qu’ils viennent, les réfugiés sont le plus souvent mal accueillis, suspects d’être communistes ou anarchistes pour les Espagnols ou d’être trop différents de nous.pour les réfugiés actuels

Les républicains espagnols ont été parqués dans les camps d’Argelès, Saint-Cyprien, le Vernet, Gus, etc. Certains ont pu partir au Mexique notamment, beaucoup également ont servi de main-d’œuvre en France à partir de la mobilisation en 1939, mais ceux qui n’ont pas eu la possibilité de sortir des camps ont souvent été livrés aux Allemands. Le camp de Mauthausen a été installé par les républicains espagnols ou plus de 5000 d’entre eux ont péri.

Compte rendu soirée d’hommage aux fusillés de l’affche rouge

Vendredi 20 février, à la veille du 82e anniversaire de l’exécution de Missak Manouchian et de ses compagnons,nous avons rendu hommage aux fusillés de l’Affiche rouge avec nos amis de l’ Union culturelle française des Arméniens de France (UCFAF) en compagnie de la Jeunesse arménienne de France (JAF) et de l’ Association nationale des anciens combattants de la résistance arménienne (ANACRA).
Pour cette soirée d’hommage, nous avons choisi de présenter le film de Robert Guédiguian : «L’armée du crime». Après le film était organisé un colloque en présence du réalisateur du film Robert Guédiguian, de Georges Duffau-Epstein, fils du colonel Joseph Epstein chef des FFI de l’Ile-de-France arrêté en compagnie de Manouchian en novembre 1943 et fusillé lui aussi au Mont-Valerien, du professeur Jean-Pierre Mahé, membre de l’Institut, d’Olivia Guiragossian, secrétaire de la JAF, d’Edmond Yanékian, président de l’UCFAF et de Yves Blondeau secrétaire général de l’ADVR.
L’entrée au Panthéon il y a deux ans de Missak et Mélinée Manouchian, accompagnés d’une plaque portant les noms des 22 fusillés du groupe et de Joseph Epstein, a été une grande étape pour la reconnaissance du rôle des combattants étrangers dans la Résistance mais notre travail de mémoire doit évidemment continuer. Le film de Robert Guédiguian est une œuvre militante qui va dans le même sens que l’action que nous menons à l’ADVR, il contribue lui aussi et avec talent à « passer la mémoire » comme aimait à le dire Robert Chambeiron.