Archives mensuelles : novembre 2017

RESISTER=EXISTER, la vidéo

Le mardi 28 février 2017 l’ADVR a présenté à nouveau la pièce « Résister=Exister» montée à partir du livre «Rester debout » d’Yves Blondeau(éd Tirésias) publié en 2014 et qui rassemble les interviews de 37 résistants et résistantes parmi lesquel(e)s Robert Chambeiron, Raymond Aubrac, Serge Ravanel, Lise London, Stéphane Hessel, Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Charles Gonard et de nombreux inconnus dont des membres du groupe Manouchian, de Carmagnole ou de la 35° Brigade, ainsi que des membres de Défense de la France, de Combat, de différents maquis, etc. Cette pièce a été montée par la Compagnie de l’Arbre Sec, une compagnie de Montreuil, grâce au travail de Jean-Baptiste Huet, Hélène Bayard et Marie-Claude Chiniard.

14 novembre, film « Léon Zyguel » au pavillon Carré de Baudouin, Paris XXe

Le 14 novembre 2017, L’ADVR a présenté, en partenariat avec le « comité Tlemcen » le film de Jean Gabriel Carasso « Léon Zyguel ».

Léon Zyguel au lycée Hélène Boucher

Léon Zyguel lors d’un de ses nombreux témoignages au lycée Hélène Boucher

Ce film a été présenté dans le cadre de notre action de cette année qui va porter essentiellement sur les enfants cachés et les enfants déportés. Pour cela nous avons décidé de travailler avec le « Comité Tlemcen».

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Yves Blondeau pour l’ADVR et Claude Smadja pour le comité Tlemcen présentent la séance

Ce comité, dont le nom complet est « Comité école de la rue Tlemcen » a été créé en 1997 par un certain nombre de personnes qui avaient été enfants cachés ou déportés pendant la guerre parce que juifs, qui ont décidé de vaincre l’oubli et de retrouver la trace de leurs camarades disparus. Pour cela, les membres du « comité Tlemcen » ont fait des recherches sur chaque nom, ont fait apposer une plaque à la mémoire des enfants assassinés sur le mur de cette école, puis des autres écoles du 20e arrondissement, puis sur les murs de toutes les écoles de Paris où des enfants ont été arrêtés, déportés et assassinés. Dans un deuxième temps, ils ont fait apposer des plaques donnant les noms de tous les élèves disparus de chaque école. Ils ont aussi, pour les enfants assassinés avant d’avoir même été scolarisés, afin d’éviter qu’ils aient disparu sans laisser aucune trace, fait installer des stèles avec leurs noms dans les jardins publics. Un livre mémorial intitulé « Se souvenir pour construire l’avenir » raconte le travail réalisé, rend hommage aux victimes en citant le nom de tous les enfants concernés et en donnant de nombreux témoignages de survivants. Le travail de mémoire du comité s’est poursuivi avec la réalisation d’un coffret DVD intitulé « Nous étions des enfants» présenté par Boris Cyrulnik et comprenant 18 témoignages de très grande qualité. Celui de Léon Zyguel est d’une grande force et d’une terrible réalité. Léon Zyguel a, par ailleurs, été l’un des acteurs actifs du travail du comité. Il a témoigné jusqu’au bout. Il est venu une vingtaine d’années au lycée Hélène-Boucher pour les rencontres de janvier, il a aussi été témoin-acteur dans le film sorti peu de temps avant sa disparition « Les héritiers », de Marie- Castille Mention-Schaar.

Arrêté en mai 1942 avec son frère Maurice, à15 ans, il retrouve son père Aron et sa soeur Hélène déjà eux-mêmes arrêtés, à Drancy.. Tous quatre sont déportés par le convoi n°35 en septembre 1942. Son père et sa soeur sont assassinés à l’arrivée au camp. Après près de deux ans et demi de travail d’esclave, les deux frères connaissent les marches de la mort qui les mènent après 12 jours d’horreur à Buchenwald. La résistance intérieure du camp protège les deux frères et intègre Léon dans ses effectifs. C’est ainsi qu’il participe à l’insurrection armée qui libère le camp le 11 avril 1945. Il arrive à Paris le sour de ses 18 ans…

Une cinquantaine de personnes étaient présentes à l’auditorium du pavillon Carré de Baudouin pour visionner ce film et participer au débat qui a suivi avec le réalisateur. Ce fut une soirée importante.

Pour ceux et celles qui voudraient voir le film, il est possible d’aller sur le site «nous étions des enfants.com » puisque l’ensemble du travail de Jean Gabriel Carasso, 18 témoignages, 14 heures d’enregistrement est mis en ligne.

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une partie de l’assistance


Inauguration du square Léon Zyguel dans le 20e

Quinze jours tout juste après la soirée que l’ADVR a consacrée à Léon Zyguel, un square portant son nom a été inauguré dans le 20e arrondissement de Paris.

C’est un bel hommage qui lui est ainsi rendu. Enfant de l’école de la rue Tlemcen, déporté à Auschwitz, animateur du comité Tlemcen, militant inlassable de la mémoire, Léon Zyguel a ainsi été justement honoré par la ville de Paris et, à travers lui, c’est tout le travail du comité Tlemcen qui l’a été.

Malgré le froid vif, une foule importante a participé à cette cérémonie présidée par Madame Frédérique Calandra, maire du 20e arrondissement, en présence de Madame Catherine Vieu-Charier, chargée de la mémoire et du monde combattant pour la Ville de Paris, de Monsieur Thierry Blandin, adjoint chargé der la mémoire pour le 20e arrondissement et de Madame Rachel Jédinak présidente du Comité Tlemcen.

allocution de Frédérique Calandra, maire du 20e. À ses côtés: Thierry Blandin, adjoint à la mémoire pour le 20e

Allocution de Frédérique Calandra, maire du 20e. À ses côtés: Thierry Blandin, adjoint à la mémoire pour le 20e

de part et d'autre du portrait de Léon Zyguel, Thierry Blandin et Catherine vieu-Charier, adjointe de Anne Hidalgo a la mémoire et au monde combattant

De part et d’autre du portrait de Léon Zyguel, Thierry Blandin et Catherine vieu-Charier, adjointe de Anne Hidalgo a la mémoire et au monde combattant

allocution de Rachel Jédinak, présidente du comité Tlemcen

Allocution de Rachel Jédinak, présidente du comité Tlemcen

Visite du Mémorial de l’Internement et de la Déportation de Compiègne- Royallieu

À l’invitation conjointe de l’ADVR et du SNES, malgré le mauvais temps, une cinquantaine de personnes ont participé à la visite du Mémorial de l’Internement et de la Déportation de Compiègne-Royallieu lundi 11 décembre 2017.

Trois bâtiments du camp de concentration qui ont été conservés servent de cadre au Mémorial inauguré en 2008.

A l’origine, une caserne construite en 1913 regroupait 25 bâtiments sur une superficie de 16 hectares. De 1941 à 1944, cette caserne, transformée par l’armée allemande, devient l’un des principaux camps de transit de France. Les recherches actuelles montrent que près de 54 000 personnes* ont été internées dans ce camp placé exclusivement sous administration allemande : des détenus politiques, des résistants, le plus souvent communistes, mais également des Russes, des Américains, des juifs. Environ 50 000 prisonniers, sont déportés en Allemagne. Près de la moitié des internés de Compiègne sont morts pendant les transports ou dans les camps d’Allemagne ou de Pologne.

Le camp était divisé en trois parties totalement séparées les unes des autres. La partie de droite (voir la photo jointe) était réservée aux politiques. Celle de gauche était celle des étrangers, Russes, Américains, Anglais. C’est là que le régime concentrationnaire était le moins dur. Les baraques du milieu, en haut de la photo, constituaient le camp des juifs. Le régime y était le plus dur: les détenus très peu nourris, couchaient à même le sol, avant d’être déportés à Auschwitz. Après la déportation des prisonniers juifs, cette partie du camp a été réservée aux femmes résistantes et le régime y est resté le même, c’est à dire beaucoup plus dur que celui des politiques hommes.

A l’issue de la visite, Alice Mariétan-Mavian** nous a brièvement, mais dans l’émotion, retracé l’histoire du « convoi des tatoués » dont son père fit partie. Le 27 avril 1944, 1655 déportés politiques de Compiègne furent envoyés à Auschwitz. Après leur passage en quarantaine, ces déportés furent envoyés à Buchenwald puis à Flossenbürg. La moitié de ces « tatoués » ne revinrent pas.

*Parmi les internés, on compte Robert Desnos, Charlotte Delbo, Geneviève de Gaulle, André Tollet… André Tollet fut l’un des rares évadés du camp, une vingtaine de militants communistes qui, en juin 1942, s’enfuirent en creusant un tunnel. André Tollet fut le président du Comité parisien de la Libération. ** voir le livre de Michel Mavian, traduit de l’Arménien par Alice Mariétan-Mavian, édité par le Mémorial de Compiègne, « Par delà les ténèbres ».

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Maquette du camp de Compiègne

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Le groupe les visiteurs ADVR/SNES

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Vue des baraques du camp qui ont été conservées.

 

 

 

 


L’ADVR, en partenariat avec le SNES, vous invite à

La visite du Mémorial de l’Internement

et de la Déportation de Compiègne- Royallieu

Lundi 11 décembre 2017

 

Infos pratiques

  • Rendez-vous à 14h30 au Mémorial ou au train de 12h34 à la gare du Nord.
  • adresse : 2 bis, avenue des Martyrs de la Liberté 60200 Compiègne
  • Accès par le train : départ à 12h34, corail direct, arrivée à 13h26 puis bus (tous les 1/4 d’heures, trajet 10 minutes) ligne 5 qui relie la gare à l’hôpital, arrêt « Saint- Cême-Mémorial. »
  • Retour : soit par le train de 17h35 ou celui de 18h09.
  • Accès en voiture : autoroute A1, sortie 9.
  • La visite est gratuite et dure entre 2h et 2h30 (avec audio-guides).

Inscriptions auprès de

Le Mémorial :

Trois bâtiments du camp de concentration ont été conservés et servent de cadre au Mémorial inauguré en 2008.
A l’origine, une caserne construite en 1913 regroupait 25 bâtiments sur une superficie de 16 hectares. De 1941 à 1944, cette caserne est transformée par l’armée allemande et devient l’un des principaux camps de transit de France. Près de 45 000 personnes y ont été internées : des détenus politiques, des résistants, le plus souvent communistes, mais également des Russes, des Américains, des juifs. Les prisonniers, soumis aux mauvais traitements, sont déportés en Allemagne. Près de la moitié des internés à Compiègne meurent pendant les transports ou dans les camps.