Les Brigades Internationales par Edouard Sill

L’épopée des Brigades internationales symbolise la solidarité, mais aussi le courage et le sacrifice car, sur les 35 000 volontaires engagés, entre 10 et 15 000 ont perdu la vie dans les combats. Certes, et Edouard Sill nous l’a rappelé, le poids militaire des Brigades est resté modeste par rapport celui de l’armée de la République, mais leur rôle symbolique a été très important. Elles ont été de tous les combats et, par exemple, la Brigade tchèque a perdu 100 % de ses effectifs, car elles ont souvent été engagées dans les secteurs les plus menacés du front.

Film de Miguel Vallecillo Mata pour l’ADVR

Compte rendu de la conférence sur « Rawa Ruska, le camp oublié »

Lundi 15 janvier 2024 l’ADVR, en partenariat avec « Ceux de Rawa Ruska », vous a proposé une conférence sur ce camp de représailles pour prisonniers de guerre repris après une ou plusieurs tentatives d’évasion. Ce camp, situé dans le nord de l’Ukraine actuelle, à proximité des camps d’extermination de Belzec, Sobibor, Tréblinka et Auschwitz, a fait que les prisonniers qui y étaient  internés  et durement traités ont été confrontés de très près à l’horreur de l’extermination des juifs par les nazis.

Si nous avons voulu vous parler de ce camp, c’est que les prisonniers qui  ont été détenus  à Rawa Ruska ont obtenu le statut d’internés résistants. Il ne s’agit donc pas de simples prisonniers de guerre (PG). Le conférencier, Alexandre Millet, à détaillé la question de la mémoire autour de ce camp, question complexe compte-tenu de la diversité des situations, et les aléas auxquels est confrontée  l’étude de la mémoire collective et individuelle.

Vous trouverez en pièces jointes quelques photos de la conférence, qui s’est tenue dans une salle comble, ainsi que la brochure de présentation de Rawa Ruska par l’association « Ceux de Rawa Ruska » qui est particulièrement intéressante.

Conférence commune UCFAF/ADVR sur le Haut-Karabakh, 8 décembre 2023

Le 8 décembre 2023, l’Ucfaf et l’Advr ont organisé une conférence sur le thème : « Les Arméniens au Hait-Karabakh, appréhender le contexte actuel ». Le conférencier, Claude Mutafian, est l’auteur de nombreux livres sur l’Histoire de l’Arménie. Avant d’aborder la situation actuelle, il a présenté de façon très claire l’ Histoire compliquée de l’Arménie depuis l’Antiquité. Il a constaté que la perte du Haut-Karabakh était irréversible, alors même qu’il était le cœur de l’Arménie historique, car l’Arménie n’est pas en mesure de gagner une guerre contre l’Azerbaïdjan. Le nettoyage ethnique que le Haut-Karabakh vient de subir sera, selon toute probabilité, l’Histoire l’a déjà montré, suivi d’une destruction du patrimoine arménien dans la région. Pour le moment, le meilleur protecteur contre une nouvelle offensive anti-arménienne se révèle être l’Iran.
La conférence a été filmée par Miguel Vallcillo pour l’ADVR et sera placée sur notre site dès que possible. (advr.fr) Cette conférence s’est tenue dans les locaux du Centre culturel arménien, dans le 10e. Le public était nombreux, composé pour moitié d’adhérents et d’amis de ’l ADVR.
Bien cordialement.
Yves Blondeau

conférence de Françoise Demougin-Dumont sur Jules Dumont, son grand père

Dans le cadre de la saison littéraire du Mont-Valerien, notre amie Françoise Demougin-Dumont donnera le mardi 20 juin à 19h une conférence sur Jules Dumont, son grand-père, commandant de la 14e Brigade internationale « la Marseillaise » puis, pendant la Résistance, colonel FTP,  fusillé au Mont-Valérien, sans avoir parlé, le 14 juin 1943.

Francoise avait déjà présenté l’itinéraire de ce combattant exceptionnel en mars 2019 pour l’ADVR, mais si vous n’avez pu assister alors à cette conférence vous trouverez ici les informations nécessaires.

À cette occasion Francoise présentera également ses autres ouvrages.

Mois des mémoires – Journée hommage à Robert Endewelt et à Jeanne Borzakian

Programme du « Mois des mémoires » organisé par la mairie du 19e arrondissement. Le programme est très riche et je souligne particulièrement la journée du 13 mai qui sera consacrée à un hommage rendu à notre amie Jeannette Borzakian, disparue depuis peu, et à Robert Endewelt, ancien responsable des jeunes de La MOI à Paris.
Yves Blondeau

 

 

 

 

Les oubliés de l’histoire, Tziganes une mémoire française avec Kkris Mirror et Monique Heddebaut – 2ème partie

Dessinateur de presse et de bandes dessinées, Kkrist Mirror est Grand prix de la Ville de Paris en
1982, Prix de la Vocation de l'Institut Pasteur, Mention du prix œcuménique au festival internatio-
nal de la BD d'Angoulême en 2017, membre de la délégation interministérielle d'hommage
aux nomades internés en France (1940-1946) qui a permis la reconnaissance de la respon-
sabilité de l'État français dans l'internement arbitraire des Tsiganes. Il est en particulier l’auteur
d'une trilogie: « Manouches », « Gitans », « Tsiganes » et prépare actuellement une BD sur Jean
Zay.
Ce film, adapté par Miguel Vallecillo Mata, est issu de la participation de Kkrist Mirror à la table
ronde tenue avec Monique Hedebaut sur « La répression contre les Tsiganes pendant la Seconde
guerre mondiale », organisée par l’ADVR le 11 octobre 2022.

 

 

Compte rendu de la conférence : « Les Brigades internationales » donnée par Edouard Sill

Lundi 3 avril l’ADVR a proposé une conférence donnée par Edouard Sill sur le thème : « les Brigades internationales dans la guerre d’Espagne, 1936-1939»
Edouard Sill, auteur d’une thèse sur les Brigades internationales, est naturellement un excellent connaisseur du sujet! Il nous a apporté un éclairage poussé sur la façon dont les Brigades ont prisnaissance. Il a évoqué le grand mouvement de solidarité spontanée apparu dès le coup d’Etatfranquiste du 18 juillet 36 contre le gouvernement de Front populaire qui a amené en Espagne descentaines de volontaires. Ces volontaires, inorganisés au début, ont rejoint le plus souvent les colonnes anarchistes. Mais, très vite, un mouvement structuré, encadré par le parti communiste français, après que Jacques Duclos ait obtenu l’autorisation de Staline, a succédé à ce premier mouvement. Le départ des volontaires a alors été encadré par le PCF, de même que leur accueil en Espagne sur la base d’Albacete. Là, sous le commandement d’André Marty, une rapide instruction militaire leur a été donnée avant de les envoyer, dès le début du mois de novembre, sur le front de Madrid.
Si plus de la moitié des volontaires des Brigades étaient Français, leurs rangs ont été grossis par des antifascistes venus de plus de 50 pays, anti-nazis allemands, anti-fascistes italiens, mais aussi tchèques, américains, anglais, etc. Parmi les figures connues qui ont rejoint les Brigades on peut citer Henri Rol-Tanguy, Louis Blésy, Jules Dumont, Arthur London, Lise London. En effet il y a eu de nombreuses femmes volontaires en Espagne républicaine, et Lise était secrétaire d’André Marty.
L’épopée des Brigades internationales symbolise la solidarité, mais aussi le courage et le sacrifice car, sur les 35 000 volontaires engagés, entre 10 et 15 000 ont perdu la vie dans les combats.
Certes, et Edouard Sill nous l’a rappelé, le poids militaire des Brigades est resté modeste par rapport celui de l’armée de la République, mais leur rôle symbolique a été très important. Elles ont été de tous les combats et, par exemple, la Brigade tchèque a perdu 100 % de ses effectifs, car elles ont souvent été engagées dans les secteurs les plus menacés du front.
Je me souviens de Rol-Tanguy qui, lors d’une conférence donnée au Lycée Hélène Boucher nous a raconté l’arrivée de la 11e Brigade à Madrid que les franquistes s’apprêtaient à investir. Les Brigadistes, en se rendant à la Cité universitaire, ont défilé dans la capitale espagnole où tous les volets étaient fermés car les madrilènes pensaient qu’il s’agissait des troupes fascistes. Mais quand les volontaires ont entonné l’Internationale, les volets se sont ouverts et les madrilènes sont descendus dans les rues pour les acclamer… et les franquistes ont été arrêtés à la porte de la ville. Madrid n’est tombée qu’en mars 1939, à la fin de la guerre civile.
Cependant, à cette date, les Brigades étaient parties depuis longtemps puisque le gouvernement républicain espagnol, au nom de la « non-intervention », avait demandé leur départ espérant que cela entraînerait celui des corps expéditionnaires de l’Allemagne nazie et de l’ Italien fasciste, cequi n’a évidemment pas été le cas. Les Brigades, elles, sont parties après un défilé émouvant dans Barcelone le 15 novembre 1938. Et on se souvient des mots de Dolorès Ibarruri, la Passionnaria, qui leur a dit « vous pouvez partir la tête haute, vous êtes l’Histoire, vous êtes la légende ».
Edouard Sill a évoqué enfin la situation difficile faite aux Brigadistes démobilisés, particulièrement aux étrangers internés dans des camps français, dont certains ne sortiront que pour rejoindre les camps de concentration allemands. Cependant, tous les Brigadistes qui le pourront rejoindront bientôt la Résistance en France, forts de leur expérience militaire, pour continuer leur combat antifasciste.

Conférence Brigades InternationalesEdouard Sill 2