Les films de l’ Advr : Rachel Jédinak enfant cachée

Dernier film Advr dans le cadre de son travail sur les enfants cachés. Film réalisé par Miguel Vallecillo Mata avec l’interview d’Yves Blondeau.

Rachel Jédinak, enfant cachée, est la présidente de l’Association Ecole de la rue de Tlemcen et elle milite sans relâche pour la mémoire, pour faire connaître l’horreur de cette période où des enfants étaient condamnés à mort parce qu’ils étaient nés juifs. Elle a miraculeusement survécu et nous livre ce qu’a été sa vie d’enfant persécutée.

L’Association Ecole de la rue de Tlemcen a recensé à Paris, école par école, tous les enfants juifs déportés par les nazis avec la collaboration de la police française. L’Association a fait installer des plaques commémoratives sur toutes les façades des écoles, collèges et lycées, où des enfants ont été déportés, et à l’intérieur des écoles elle a fait inscrire les noms et la date de la déportation de ces enfants. Pour ceux qui n’étaient pas encore scolarisé elle a fait installer des plaques mémorielles dans un square de chaque arrondissement. Pour que l’on n’oublie pas. 

Un Allemand dans la Résistance française, Sylvia et Marc Gingold racontent Peter Gingold

Peter Gingold, jeune Allemand réfugié en France, s’est engagé dans un secteur peu connu de la Résistance  française: le Travail allemand , le TA, placé sous la direction d’Arthur London jusqu’à l’arrestation  de ce dernier. Le Travail allemand consistait à mener une propagande active auprès des troupes d’occupation, à récupérer des armes auprès de celles-ci et à obtenir des informations sur l’armée allemande. Son rôle a été très important.

La fille de Peter, Sylvia, et son neveu, Marc, nous apportent ici un témoignage rare et précieux.

Témoignage filmé par Alexandre Boza et réalisé par Miguel Vallecillo Mata, recueilli pour l’ADVR dans les locaux du lycée Paul Valérie avec le soutien de sa proviseure, Adeline Raguet et de sa proviseure adjointe Marie Escande.

« La poche de la Rochelle » par Maurice ARTIGES, Robert GIRAUDEAU et Me APRAILLE. 

Un épisode peu  connu de l’histoire de la Résistance : l’action d’un important groupe de résistants dans « la poche de la Rochelle » entre le débarquement du 6 juin 1944 et la chute de la ville le 5 mai 1945.

Maurice ARTIGES, président du tribunal de La Rochelle était Commandant du bataillon clandestin « Jean Guitton », jusqu’à la phase finale de la libération de la ville, le 5 mai 1945, où il a assuré avec son bataillon de 120 hommes, l’assaut et la sommation de se rendre, des troupes allemandes qui tenaient encore « la poche de La Rochelle », lieu stratégique  protégeant la base sous-marine de La Pallice.

Ces témoignages ont été recueillis très longtemps après ces faits (année 1990), mais avec les auteurs et témoins directs de ces faits : Maurice ARTIGES, Robert GIRAUDEAU et Me APRAILLE. 

Documents donnés à l’ADVR par la fille de Maurice Artiges, Marie-Lise Artiges-Biscay, rencontrée à l’exposition Montluc le 9 décembre 2024.

Jacques  Klajnberg – Histoires de la Résistance et la Déportation – Mai 2024 – ADVR

Interview  de Jacques  Klajnberg recueillie  en mai 2024 par Miguel Vallecillo Mata et Yves Blondeau, film monté par Miguel Vallecillo.

Jacques Klajnberg, enfant caché , devenu combattant FFI à 16 and , a participé aux combats de la libération d’ Ouzoire La Ferrière. Avec son épouse ils sont à l’origine de la création du Comité Tlemcen qui a réalisé un exceptionnel travail de mémoire pur les enfant juifs déportés et assassinés à Auschwitz.

Il témoigne régulièrement  dans les écoles et, particulièrement,  à la demande de l’ADVR, aux rencontres du lycée Hélène Boucher depuis de nombreuses années.

Jean Lafaurie – Histoires de la Résistance et de la Déportation – 1ere partie

Jean Lafaurie, résistant déporté.

Interview de Jean Lafaurie par Julien Le Gros, Yves Blondeau et réalisée par Miguel Vallecillo Mata.

Jean Lafaurie, résistant FTP, déporté à Dachau, a participé à un épisode exceptionnel de l’histoire de la Résistance : la révolte de la centrale d’Eysses. 

Le texte évoque cette révolte dont l’objectif est l’évasion collective 1200 détenus.

La révolte de la centrale d’Eysses

La centrale d’Eysses est une prison installée près de Villeneuve-sur-Lot où les autorités de Vichy avaient rassemblé plus de 1200 résistants communistes.
La stricte discipline des résistants communistes avait permis une organisation exceptionnelle à l’intérieur de la centrale. Les détenus avaient obtenu du directeur le droit de monter un théâtre, d’avoir une chorale, de faire des groupes d’études, des cours (Georges Charpak par exemple donnait des cours de physique), des séances de gymnastique, d’avoir des visites, de repeindre les locaux qui étaient très dégradés, etc.
L’objectif des responsables communistes n’était pas d’améliorer le confort des détenus mais de les préparer en gardant le meilleur moral possible à une évasion collective prévue dans la nuit du 31 décembre 1943, au moment où la surveillance se relâcherait.
En vue de cette évasion, les détenus avaient réussi à faire rentrer des armes: des mitraillettes, des grenades, à faire évader l’un des leurs, Kléber (de son vrai nom Fenoglio), pour qu’il prenne contact avec la résistance extérieure. Ravanel, chef national des groupes- francs des MUR(*) est venu en personne sur place pour étudier les moyens de faciliter cette évasion. Il fallait en effet prévoir des camions pour transporter 1200 hommes, des vêtements, des papiers d’identité, des cartes d’alimentation et des lieux de chute dans des maquis! Tout cela étant mis au point, Ravanel, qui avait aussi prévu le soutien extérieur d’une soixantaine de résistants équipés de mitrailleuses et de mortiers, chargea le chef local des groupes-francs des MUR, Joly ( de son vrai nom Marcel Joyeux), de réaliser l’opération.
Cependant, lorsque au dernier moment, Joly apprit qu’il s’agissait de 1200 résistants communistes, il décida, par anticommunisme, de ne pas faire intervenir les résistants extérieurs. Sans ce soutien, les détenus durent donc provisoirement renoncer à passer à l’action.
Malgré tout, à l’occasion de la visite d’un inspecteur venu de Vichy, les détenus tentèrent le tout pour le tout et s’emparèrent d’une partie de la prison, du directeur, de l’inspecteur, d’une cinquantaine de gardiens et tentèrent la sortie. Mais le tir des mitrailleuses des miradors les bloquèrent à l’intérieur. Les combats durèrent tout l’après-midi du 19 février 1944, toute la nuit aussi. Mais au matin la prison fut encerclée par 3000 miliciens soutenus par des troupes allemandes équipées de canons. La situation des
résistants étant devenu intenable ils rendirent les armes contre la promesse qu’il n’y aurait pas de représailles.
Malgré cette promesse, de nombreux résistants furent torturés pour leur faite dénoncer les chefs de la révolte mais aucun d’eux ne parla, douze d’entre eux furent fusillés et les Allemands de la division Das Reich prirent possession de la prison. Le 30 mai 1944, les 1200 détenus communistes furent déportés, d’abord à Compiègne, puis le 19 juin à Dachau.
Tout au long de leur calvaire les prisonniers conservèrent leur esprit combatif, ce qui n’ empêcha pas que 700 des membres de ce que les prisonniers eux-mêmes ont appelé « le bataillon d’Eysses » perdirent la vie à Dachau.
*MUR, Mouvements Unis de la Résistance. Les MUR regroupent depuis janvier 1943, à la demande de Jean Moulin, les forces militaires des trois mouvements de zone sud: Combat, Libération sud et Franc-Tireur . Ravanel est nommé à leur tête en juin 1943.