Communiqué des Amis du Musée de la Résistance Nationale (AMRN)

Communiqué des Amis du Musée de la Résistance Nationale (AMRN)

par Claude Penin, Presses universitaires de Limoges



Jean Villeret après sa conférence à la Mairie du 20ème le 22 mars 2022 (photo : MVM)

Yves Blondeau, aux obsèques de Jean Villeret, pour l’ADVR (photo Pascal Crépin)

Jean Villeret au Lycée Hélène Boucher, témoignage auprès des élèves, janvier 2023 (photo YB)
Lundi 27 novembre 2023 ont eu lieu les obsèques de notre ami Jean Villeret, résistant FTP, déporté à Natzweiler-Struthof puis Dachau.
Jean Villeret était membre du conseil d’administration de l’ADVR et de son comité d’honneur. Il était aussi président de la FNDIRP (Fédération Nationale des Déportés, Internés Résistants et Patriotes). Il était commandeur de la Légion d’honneur et commandeur de l’ordre des Palmes académiques.
Jean Villeret allait avoir 101 ans dans quelques jours, le 10 décembre. Le poids des années ne l’a pas empêché de participer au travail de mémoire jusqu’au bout. Inlassablement, il répondait présent à toutes les invitations qui lui étaient faites pour parler dans les écoles, collèges, lycées.
En mai 2022, il a donné pour l’ADVR une conférence émouvante que nous avons filmée et qui se trouve sur notre site. En janvier 2023, il était au lycée Hélène Boucher, comme chaque année depuis près de 25 ans. Il était un infatigable passeur de mémoire.
En décembre 2022, à la veille de ses 99 ans, avec le journaliste Julien Le Gros et Miguel Vallecillo-Mata nous avons recueilli un long témoignage de Jean dont Miguel a fait un documentaire que vous pouvez aussi retrouver sur notre site.
Au printemps dernier, il publiait un livre d’entretiens avec Julien Le Gros intitulé « Un jour, nos voix se tairont ».
A ses obsèques, au nom de l’ADVR, j’ai prononcé une allocution dans une église noire de monde où une quarantaine de porte-drapeaux encadraient son cercueil recouvert d’un drapeau tricolore. L’ADVR perd un compagnon de route, un ami, un témoin précieux. Nous ferons en sorte que sa voix ne se taise pas.
Yves Blondeau

Jean Villeret avec Yves Blondeau, Julien Le Gros, Jean Pierre Brovelli et Miguel Vallecillo Mata à la Mairie du 20ème. (photo Anny)
Le 18 juin 2023, lors des commémorations organisées au Mont Valérien, le président de la République annonçait l’entrée au Panthéon de Missak et Mélinée Manouchian. À cette occasion, la sympathique chorale « Les agités du vocal » a chanté, sur les lieux mêmes de l’exécution de Manouchian et de ses compagnons, dans la clairière des fusillés, le poème d’Aragon mis en musique par Léo Ferré, » l’Affiche rouge ».Ce fut, à cet endroit, particulièrement émouvant.

Partisans de la liberté (juin 2010) est un film documentaire d’un peu plus d’une heure dédié à la mémoire d’Henry Karayan (1921-2011), résistant rescapé du groupe Manouchian, au sein des FTP MOI. C’est avec beaucoup de force et d’humilité que le vieil homme confie, pour la première fois, son engagement à des jeunes élèves de 3e du collège Jean Lurçat de Ris-Orangis. Henry Karayan parle de ses liens étroits avec Missak Manouchian, son mentor, arrêté le 16 novembre 1943 à quelques centaines de l’établissement scolaire classé ZEP. Durant une année, Christophe Betenfeld et Sébastien Viaud, enseignants d’histoire et de français, ont filmé la mue de leurs élèves, la fusion transgénérationnelle de deux mondes qui se rejoignent. A la fin de l’année, grâce aux interventions d’Henry Karayan, aux témoignages des résistants Jean Rispal, Raymond Aubrac, Julien Lauprêtre, à la lecture des œuvres des écrivains Alain Blottière, Didier Daeninckx et aux visites sur les lieux de mémoire, la magie opère. Avec une empathie qui rend admiratif leurs professeurs, les élèves s’approprient la mémoire des grandes figures de « l’affiche rouge », « 20 et 3 étrangers qui criaient la France en s’abattant ». Dommage, le film n’a pas bénéficié d’une grande distribution.
« Faire connaître le sacrifice de ces hommes « morts pour la France » dans une époque où le racisme, l’antisémitisme, l’anti étrangers gagnent du terrain, est un devoir d’honneur. Merci pour cette bouleversante projection » : Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français.
« Une œuvre qui démontre la compréhension et l’adoption des valeurs de la Résistance » : Raymond Aubrac.
« Félicitations pour ce travail remarquable » : Robert Guédiguian.
« Ce film montre simplement comment des jeunes d’aujourd’hui augmentent leur sensibilité au monde en rencontrant d’autres jeunes que l’Histoire n’a pas épargnés. Merci pour ce cadeau » : Didier Daeninckx.
« Cette classe sous la direction de ses professeurs a réalisé un remarquable travail qui mérite une diffusion nationale. On suit l’évolution de la démarche pédagogique et la métamorphose des élèves à travers une prise de conscience qui se fait peu à peu. Ainsi le travail de mémoire est-il pleinement réussi ! » : Jean Rives, historien. « Merci au collège Jean Lurçat, à l’équipe des professeurs, aux élèves de la classe 305 dont la jeunesse est entrée, par miracle, en résonance avec celles de mes camarades ». : Henry Karayan.
Ginette Kolinka, survivante d’ Auschwitz, témoin inlassable.
Ginette Cherkasky est née à Paris en février 1925 dans une famille juive athée de 7 enfants.
En juillet 1942, pour échapper à la rafle du Vel’ d’Hiv’ la famille se réfugie à Avignon.
Elle a 19 ans lorsqu’elle est arrêtée en mars 1944 avec son père, son neveu de 14 ans et son petit frère de 12 ans, sur dénonciation.
Internés à la prison d’Avignon puis à Drancy, ils sont déportés par le convoi numéro 71 en avril 1944 à Auschwitz. Son père et son frère sont gazés dès l’arrivée. Ginette et son neveu sont sélectionnés pour le travail. Lorsque le camp d’Auschwitz est évacué, à l’approche de l’armée rouge en janvier 1945 elle est internée à Bergen-Belsen puis à Theresienstadt. Libérée en mai 1945, elle retrouve sa mère et quatre de ses sœurs à Paris. Elle se marie et devient vendeuse sur les marchés à Aubervilliers. Son fils Richard est le batteur du groupe « Téléphone ». À partir des années 2000 elle témoigne inlassablement dans les écoles, collèges et lycées. Naturellement, elle vient témoigner au Lycée Hélène Boucher lors des rencontres élèves/témoins.
Film réalisé par Miguel Vallecillo Mata suite à l’interview que nous avons fait chez elle le 1 avril 2023 avec Yves Blondeau
« Mémoires d’un réfugié espagnol » de Ramon Vivalta. Le livre est édité par sa fille Dolores qui, comme Françoise Demougin-Dumont, est membre de l’ADVR. Ce livre relate l’itinéraire de Ramon, depuis son enfance dans la misère de l’Espagne des années 20 et 30, son adolescence dans la guerre, la terrible Retirada, l’installation en France, sa participation à la Résistance au sein des FTP et son intégration dans notre pays.
Cette passionnante histoire se lit comme un roman.


Dans le cadre de la saison littéraire du Mont-Valerien, notre amie Françoise Demougin-Dumont donnera le mardi 20 juin à 19h une conférence sur Jules Dumont, son grand-père, commandant de la 14e Brigade internationale « la Marseillaise » puis, pendant la Résistance, colonel FTP, fusillé au Mont-Valérien, sans avoir parlé, le 14 juin 1943.
Francoise avait déjà présenté l’itinéraire de ce combattant exceptionnel en mars 2019 pour l’ADVR, mais si vous n’avez pu assister alors à cette conférence vous trouverez ici les informations nécessaires.
À cette occasion Francoise présentera également ses autres ouvrages.
