Les oubliés de l’histoire, Tziganes une mémoire française avec Kkris Mirror et Monique Heddebaut – 2ème partie

Dessinateur de presse et de bandes dessinées, Kkrist Mirror est Grand prix de la Ville de Paris en
1982, Prix de la Vocation de l'Institut Pasteur, Mention du prix œcuménique au festival internatio-
nal de la BD d'Angoulême en 2017, membre de la délégation interministérielle d'hommage
aux nomades internés en France (1940-1946) qui a permis la reconnaissance de la respon-
sabilité de l'État français dans l'internement arbitraire des Tsiganes. Il est en particulier l’auteur
d'une trilogie: « Manouches », « Gitans », « Tsiganes » et prépare actuellement une BD sur Jean
Zay.
Ce film, adapté par Miguel Vallecillo Mata, est issu de la participation de Kkrist Mirror à la table
ronde tenue avec Monique Hedebaut sur « La répression contre les Tsiganes pendant la Seconde
guerre mondiale », organisée par l’ADVR le 11 octobre 2022.

 

 

Compte rendu de la conférence : « Les Brigades internationales » donnée par Edouard Sill

Lundi 3 avril l’ADVR a proposé une conférence donnée par Edouard Sill sur le thème : « les Brigades internationales dans la guerre d’Espagne, 1936-1939»
Edouard Sill, auteur d’une thèse sur les Brigades internationales, est naturellement un excellent connaisseur du sujet! Il nous a apporté un éclairage poussé sur la façon dont les Brigades ont prisnaissance. Il a évoqué le grand mouvement de solidarité spontanée apparu dès le coup d’Etatfranquiste du 18 juillet 36 contre le gouvernement de Front populaire qui a amené en Espagne descentaines de volontaires. Ces volontaires, inorganisés au début, ont rejoint le plus souvent les colonnes anarchistes. Mais, très vite, un mouvement structuré, encadré par le parti communiste français, après que Jacques Duclos ait obtenu l’autorisation de Staline, a succédé à ce premier mouvement. Le départ des volontaires a alors été encadré par le PCF, de même que leur accueil en Espagne sur la base d’Albacete. Là, sous le commandement d’André Marty, une rapide instruction militaire leur a été donnée avant de les envoyer, dès le début du mois de novembre, sur le front de Madrid.
Si plus de la moitié des volontaires des Brigades étaient Français, leurs rangs ont été grossis par des antifascistes venus de plus de 50 pays, anti-nazis allemands, anti-fascistes italiens, mais aussi tchèques, américains, anglais, etc. Parmi les figures connues qui ont rejoint les Brigades on peut citer Henri Rol-Tanguy, Louis Blésy, Jules Dumont, Arthur London, Lise London. En effet il y a eu de nombreuses femmes volontaires en Espagne républicaine, et Lise était secrétaire d’André Marty.
L’épopée des Brigades internationales symbolise la solidarité, mais aussi le courage et le sacrifice car, sur les 35 000 volontaires engagés, entre 10 et 15 000 ont perdu la vie dans les combats.
Certes, et Edouard Sill nous l’a rappelé, le poids militaire des Brigades est resté modeste par rapport celui de l’armée de la République, mais leur rôle symbolique a été très important. Elles ont été de tous les combats et, par exemple, la Brigade tchèque a perdu 100 % de ses effectifs, car elles ont souvent été engagées dans les secteurs les plus menacés du front.
Je me souviens de Rol-Tanguy qui, lors d’une conférence donnée au Lycée Hélène Boucher nous a raconté l’arrivée de la 11e Brigade à Madrid que les franquistes s’apprêtaient à investir. Les Brigadistes, en se rendant à la Cité universitaire, ont défilé dans la capitale espagnole où tous les volets étaient fermés car les madrilènes pensaient qu’il s’agissait des troupes fascistes. Mais quand les volontaires ont entonné l’Internationale, les volets se sont ouverts et les madrilènes sont descendus dans les rues pour les acclamer… et les franquistes ont été arrêtés à la porte de la ville. Madrid n’est tombée qu’en mars 1939, à la fin de la guerre civile.
Cependant, à cette date, les Brigades étaient parties depuis longtemps puisque le gouvernement républicain espagnol, au nom de la « non-intervention », avait demandé leur départ espérant que cela entraînerait celui des corps expéditionnaires de l’Allemagne nazie et de l’ Italien fasciste, cequi n’a évidemment pas été le cas. Les Brigades, elles, sont parties après un défilé émouvant dans Barcelone le 15 novembre 1938. Et on se souvient des mots de Dolorès Ibarruri, la Passionnaria, qui leur a dit « vous pouvez partir la tête haute, vous êtes l’Histoire, vous êtes la légende ».
Edouard Sill a évoqué enfin la situation difficile faite aux Brigadistes démobilisés, particulièrement aux étrangers internés dans des camps français, dont certains ne sortiront que pour rejoindre les camps de concentration allemands. Cependant, tous les Brigadistes qui le pourront rejoindront bientôt la Résistance en France, forts de leur expérience militaire, pour continuer leur combat antifasciste.

Conférence Brigades InternationalesEdouard Sill 2

 

Film Les oubliés de l’Histoire – La répression des Tsiganes – Monique Heddebaut

Monique Heddebaut nous fait un exposé très pédagogique, instructif et très poignant du Convoi Z, qu’elle présente dans son livre « Des Tsiganes vers Auschwitz – le convoi Z du 15 janvier 1944 » (éditions Tirésias).
Durant la seconde guerre mondiale, la situation est très différente pour les Français et pour les Tsiganes nomades. La France est divisée en zones. Le Nord est rattaché à la Belgique et au Reich ; dans le Nord Pas de Calais, il n’y a ni assignation à résidence ni camp, mais interdiction de circuler . Dans la zone occupée, il y a environ 30 camps avec des Tsiganes en Bretagne. En zone « libre », il y a des camps avec des Tsiganes décidés surtout par les autorités allemandes, mais gérés par les autorités françaises. Les camps étaient-ils les prémices d’un projet génocidaire ? Les historiens sont divisés sur cette question. De même y a-t-il eu spoliation ou non ? Mais quelles que soient les hypothèses, il y a bien eu extermination.

Film de Miguel Vallecillo Mata

 

conférence d’Edouard Sill, « les Brigades internationales » le 3 avril 2023 Mairie du 20e

Vous trouverez en pièce jointe une invitation pour la prochaine séance de l’ Association de Défense des Valeurs de la Résistance qui aura lieu le lundi 3 avril à 16h, salle des fêtes, à la Mairie du 20e : Conférence  de Edouard Sill :« les Brigades internationales ».
L’action des Brigades internationales dans l’Espagne républicaine s’inscrit dans les premières luttes contre le fascisme en Europe. Cette conférence est soutenue par l’ACER (Amis des combattants en Espagne républicaine).

Film conférence Hommage à Mizak Manouchian et le groupe de l’Afiche rouge. UCFAF et ADVR

Depuis de nombreuses années nous sommes associés régulièrement, autour du 21 février, date de l’exécution de Missak Manouchian et de ses compagnons de l’Affiche rouge, à la commémoration de la mémoire de ces combattants « étrangers et nos frères pourtant », organisée par nos amis de l’UCFAF (union culturelle française des Arméniens de France).

Enregistrement video de la soirée. Réalisé par Miguel Vallecillo Mata

Enregistrement audio de la conférence de Laurent Douzou

Enregistrement de la conférence de Laurent Douzou donnée le 9 janvier 2023 pour le SNES et l’ADVR : « Découvir le programme du Conseil National de la résistance ». et les questions qui ont suivi la conférence.

Enregistrement réalisé par Anny Gruska.

Compte-rendu de la soirée d’hommage à Missak Manouchian – UCFAF-ADVR

Depuis de nombreuses années nous sommes associés régulièrement, autour du 21 février, date de l’exécution de Missak Manouchian et de ses compagnons de l’Affiche rouge, à la commémoration de la mémoire de ces combattants « étrangers et nos frères pourtant », organisée par nos amis de l’UCFAF (union culturelle française des Arméniens de France).
Cette année, la table ronde qui s’est tenue au Centre culturel arménien avait pour thème la future panthéonisation de Missak et Mélinée Manouchian. Étaient réunis  pour en parler René Dzagoyan qui fut en 2014 à l’initiative de cette demande, Jean-Marc Germain, premier signataire de l’appel, le sénateur Rémy Féraud, fidèle de soirée commémorative de l’UCFAF, Robert Halleux, historien, membre de l’Institut, le professeur Jean-Pierre Mahé, membre de l’Institut, Laurence Patrice, adjointe à la maire de Paris pour la Mémoire et le Monde combattant,Edmond Yanékian, président de l’UCFAF et également président de la séance,  et moi-même, pour l’ADVR.
La discussion a permis de connaître les étapes conduisant à la quasi certitude que le couple Manouchian ( et peut-être, symboliquement, le Groupe, mais ce point n’est pas encore acquis) entrera au Panthéon le 21 février prochain pour le 80° anniversaire de l’exécution de Missak. L’importance de l’événement consistant à faire rentrer au Panthéon Missak et Mélinée, étrangers et de surcroît communistes a été souligné par tous. Cet événement constituera une étape essentielle pour la reconnaissance du rôle joué par tous les combattants FTP-MOI pour libérer la France et pour faire vivre les valeurs qu’elle porte.
Une soirée passionnante, importante et émouvante.

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Photos : © Miguel Vallecillo Mata

Compte-rendu de la conférence : « découvrir le programme du conseil national de la résistance » donnée par Laurent Douzou le 9 janvier 2023.

Conférence : « découvrir le programme du conseil national de la résistance » donnée par Laurent Douzou le 9 janvier 2023
Partenariat SNES et ADVR.
Lundi 9 janvier le SNES (syndicat national des enseignements du second degré), en partenariat avec l’ADVR, a reçu Laurent Douzou pour une conférence sur le thème : « Découvrir le programme du Conseil National de la Résistance ».
Laurent Douzou, universitaire lyonnais, spécialiste de la Résistance, est directeur du laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes. Il vient de publier aux « Editions sociales » un ouvrage dont le titre est justement « Découvrir le programme du CNR » (10 euros).
Sa conférence a été brillante et passionnante, très pédagogique et accessible à tous, familiers de l’histoire de la Résistance ou non. Il a d’abord retracé les différentes phases de la construction de la Résistance. Ceux qui voulaient faire quelque chose étaient démunis de tout. Il a donc montré comment tous les résistants ont commencé tout simplement à tracer des « V » de la victoire sur les murs avec de la craie ou des morceaux de charbon, puis ont commencé à rédiger, souvent à la main, des tracts, puis des petits journaux en général composés d’une feuille recto-verso, puis la nécessité de la diffusion a amené les résistants à s’organiser pour cette diffusion, et c’est ainsi que sont nés les grands mouvements de résistance. L’étape suivante a été la composition de groupes armés dépendant de chaque mouvement.
Deux exceptions à ce schéma cependant, le Parti Communiste qui était déjà clandestin et organisé, et les réseaux de renseignements ou d’évasion.
Il a ensuite évoqué le regroupement de certains mouvements comme ceux de la zone sud, Libération, Franc-Tireur et Combat, qui ont donné naissance aux Mouvements Unis de Résistance (les MUR) début 43 quint mis leurs groupes armés en commun.
Laurent Douzou a bien sûr exposé le rôle de Jean Moulin qui, en l’espace de quelques mois, a réussi l’unification de la Résistance dans le CNR, créé officiellement le 27 mai 1943 au 48 rue du Four à Paris.
L’originalité du CNR est à souligner car il a rassemblé les huit principaux mouvements de résistance, six partis politiques non collaborateurs de la IIIe République et les deux confédérations syndicales existant alors : CGT et CFT C (1), c’est-à-dire les forces issues de la Résistance, les forces politiques qui forcément devaient renaître à la Libération, et les forces du monde du travail. Cela est un cas unique dans notre histoire. De plus, les décisions étaient prises à l’unanimité; ce qui explique certains « oublis » comme le droit de vote pour les femmes ou la décolonisation.
Je me permets d’ajouter que Jean Moulin, dans cette action a été secondé par Pierre Meunier et Robert Chambeiron qui devinrent respectivement secrétaire général et secrétaire général adjoint du CNR.
Laurent Douzou a, bien sûr, ensuite présenté le programme du Conseil National de la Résistance qui est hélas vigoureusement attaqué depuis longtemps: mise en place de la notion de service public, nationalisation des banques, des transports, de l’énergie, c’est-à-dire de tous les secteurs stratégiques d’une économie, planification, création de la sécurité sociale et de retraites dignes, libération de la presse des milieux d’affaires en soutenant les journaux financièrement, mise en place d’un système scolaire et universitaire plus démocratique et accessible à tous grâce à des bourses, mise en place d’une République démocratique. C’est au total le plus important ensemble de réformes économiques et sociales de l’histoire de notre pays.
Laurent Douzou a aussi analysé l’évolution politique du général de Gaulle qui était évidemment très importante pour la concrétisation des espoirs des résistants. Soupçonné d’être proche de l’Action française au départ, il se rallie à l’idée d’une République démocratique et sociale.
Il faut souligner cependant qu’il avait besoin du soutien de la Résistance intérieure pour être reconnu par les Alliés comme le dirigeant légitime de la France et non pas seulement comme un chef de guerre. Laurent Douzou pense, à juste titre, que cette évolution du général de Gaulle est sans aucun doute liée à son sens politique, d’autant plus qu’il fallait éviter que la France ne bascule dans une révolution sociale. N’oublions pas que le Parti Communiste était sorti particulièrement fort des épreuves de la guerre.
(1) Composition du CNR.
– Huit mouvements de Résistance: le Front National (communiste), Ceux de la Libération, Ceux de la Résistance, Organisation Civile et Militaire, Libération-Nord, Libération-Sud, Combat, Franc-Tireur.
– Six partis politiques: le Parti Communiste, la SFIO, le Parti Radical, le Parti Démocrate Populaire (Démocratie chrétienne), l’Alliance Démocratique, la Fédération Républicaine.
– Les deux confédérations syndicales: CGT et CFTC.
Photo Jean Slavny