Soutien à Ricardo Palma

Souscription pour le livre témoignage de Ricardo Palma : « Une étreinte du vent ».

Ricardo Palma, écrivain chilien et ancien guérilléro du FPMR (Front Patriotique Manuel Rodriguez), mouvement révolutionnaire soutenu par le parti communiste chilien, accusé d’avoir assassiné l’idéologue de Pinochet, Jaime Guzman en mars 1991, condamné à la prison à vie, raconte sa spectaculaire évasion de la prison de haute sécurité de Santiago en 1996.

Après ce jugement prononcé par un seul juge, proche de Jaime Guzman, au nom des lois de la dictature restées en vigueur, un commando du FPMR a permis à Ricardo et à trois de ses camarades, condamnés comme lu, de s’évader lors d’une opération baptisée « Vol de justice ».

Après une longue clandestinité au Mexique, Ricardo et sa famille ont demandé l’asile politique en France. La demande d’extradition envoyée par le gouvernement chilien, au terme de longues actions judiciaires, a été refusée par une décision de la cour de cassation en date du 23 janvier 2019.

Le produit de la vente en souscription des 1000 premiers exemplaires du livre de Ricardo, dont les droits sont abandonnés par son éditeur (éditionsTirésias-Michel Reynaud), est destiné à payer les frais d’avocat.

30 000 euros ont déjà été payés mais il en reste encore 30 000.

Pendant la souscription le livre est vendu 25 euros, frais d’envoi inclus et la commande est à adresser -avec vos coordonnées- à :

APIOPRA, association défense et asile.

37, rue Villiers de l’Isle Adam

75 020 Paris

Le livre vous sera alors envoyé dès sa parution, à partir du mois de mai.

Communiqué de l’ADVR

L’Association de Défense des Valeurs de la Résistance tient à montrer l’émotion qui est la sienne face à la recrudescence des actes et affirmations antisémites dans notre pays. La mémoire courte des uns , le développement de la peur irrationnelle d’autres peut-être d’ailleurs des mêmes, la haine qui ne fait que croître faute d’éducation, montrent la nécessité du travail de notre association. Tout en s’attachant à la défense des valeurs de la Résistance, il est nécessaire pour nous de montrer sans relâche ce qu’ont été les conséquences de l’antisémitisme qui a entaché si longtemps l’Histoire de l’humanité avant de culminer pendant la dernière guerre mondiale. C’est d’ailleurs pourquoi l’année dernière, l’ADVR a centré son action autour du thème des enfants cachés en travaillant avec le Comité Tlemcen.

C’est aussi pourquoi l’ADVR travaille sur l’Histoire. Chacun sait qu’un peuple qui oublie son Histoire est condamné à la revivre sous une forme ou sous une autre. C’est ce qui se produit aujourd’hui à cause, notamment de l’inquiétant appauvrissement des programmes d’Histoire dans les lycées et les collèges. Il ne sert à rien de dire : « mais que font les enseignants ? », de dire« l’école va faire ceci, va faire cela » quand on ne lui donne pas les moyens de le faire ou, pire, quand on lui enlève les moyens dont elle disposait.

Nous tenons également à faire un point de vocabulaire qui ne nous semble pas inutile quand, même des élus, assimilent l’antisionisme à l’antisémitisme. Il s’agit de deux notions absolument différentes, les termes ne signifient pas la même chose politiquement, historiquement. L’antisémitisme recouvre une notion religieuse et raciste, l’antisionisme est une notion politique. Les juifs antisionistes, et ils sont nombreux, seraient-ils antisémites?

C’est absurde.

Notre tâche, en tant qu’association attachée aux valeurs de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, est immense et nous ne nous découragerons pas. Pas plus que dans des conditions autrement dramatiques, les résistants ne se sont pas découragés.

L’ADVR

75° anniversaire de l’exécution des 22 du groupe Manouchian

Vendredi 15 février, en partenariat avec l’UCFAF (Union culturelle française des Arméniens de France), à l’occasion du75° anniversaire de l’exécution des membres du groupe Manouchian au Mont Valérien le 21 février 1944, nous avons proposé le film de Christophe Betenfeld et Sébastien Viaud « Partisans de la liberté ». Ce beau film, que nous avions déjà présenté il y a deux ans, a été suivi d’un débat entre les deux réalisateurs et un public nombreux…

Le film montre le travail réalisé au cours d’une année scolaire entière (2009-2010) par les deux professeurs-réalisateurs, Christophe, professeur d’histoire, Sébastien, professeur de lettres, mais aussi par leurs collègues d’art plastique, de musique, d’Espagnol, dans une classe de 3° difficile, composée de très nombreux élèves d’origine étrangère.

Le travail a été centré sur le groupe Manouchian, puisque Missak a été arrêté à quelques centaines de mètres du collège, avec la participation de Henry Karayan, Raymond Aubrac et Didier Daeninckx (auteur de
« Missak »).


Mais le personnage principal est Henry Karayan, alors l’un des deux derniers survivants du groupe Manouchian, qui a su conquérir le coeur des élèves et faciliter leur adhésion enthousiaste à ce travail. Et l’on voit au fil du film s’opérer la métamorphose de ces élèves qui s’approprient la mémoire de chacun des membres du groupe, qui se rendent au cimetière d’Ivry où reposent les fusillés pour leur rendre un bel hommage.

Henry Karayan a ainsi réalisé avec les professeurs un travail d’intégration remarquable de ces élèves qui font leur la mémoire de la Résistance et qui font de cette page de l’Histoire de la France une page de leur propre histoire.

Un seul regret, et un gros, que l’Education nationale qui n’a pas soutenu le travail exemplaire de Christophe et de Sébastien n’ait pas non plus voulu s’impliquer dans la diffusion du film pourtant riche d’enseignements ! Mais c’est ainsi et cela n’a surpris personne.

Y. Blondeau

Intervention de Y. Blondeau au nom de l’ADVR lors de la cérémonie d’hommage au groupe Manouchian à Montreuil, le 15 février 2019
Photo de Henry Karayan, extraite du film
Photo des réalisateurs, Christophe Betenfeld (avec le micro) et Sébastien Viaud, pendant la discussion qui a suivi la projection

« L’incroyable oubli de Jules Dumont », par Françoise Demougin- Dumont

Mardi 19 mars, 17h30

Auditorium du Pavillon Carré de Baudouin, 121 rue de Ménilmontant. Métro Gambetta ou Jourdain , bus 96 ou 26

Commandant de la 14° Brigade internationale en Espagne, colonel FTP, Jules Dumont a été fusillé au Mont Valérien le 15 juin 1943.

Née en 1957 à Rabat, Françoise Demougin-Dumont est agrégée des Lettres, professeure des universités émérite en littérature et sciences du langage. Après une thèse sur l’écrivain André Hardellet, elle a centré ses activités d’enseignement et de recherche sur trois domaines : l’enseignement de la langue française et de la littérature, la construction du sujet-lecteur et la littérature de jeunesse. Elle travaille depuis 2014 sur la vie et les engagements de Jules Dumont, son grand-père, auquel elle a consacré un premier livre : La promesse de l’oubli, publié en 2017 aux éditions Tirésias-Michel Reynaud.

TÉLÉCHARGER L’INVITATION : http://advr.fr/wp-content/uploads/2019/02/Jules-Dumont.-3.pdf

Carnet de route à quatre voix – 12 02 2019

 

Monique, Cinta, Angela, Soledad.

Un petit livre écrit par quatre femmes, qui a la particularité d’être préfacé par deux femmes présidentes ou ex-présidentes , l’une du Chili, Michèle Bachelet, l’autre du Brésil, Dilma Rousseff. Edité par Tirésias.

Mardi 12 février 2019, Monique Roumette a évoqué pour l’ADVR son itinéraire, ainsi que celui de ses trois camarades, dans le Chili des années 70. Quatre militantes, une Française, Monique, une Chilienne, Soledad, une Franco-Espagnole, Cinta, et la dernière, Angela, Brésilienne.

Monique Roumette a évoqué les espoirs de la période Allende dans la construction d’un socialisme humain et dans l’établissement de plus de justice sociale, et la participation de chacune à la réalisation de ces espoirs. Autant de choses insupportables pour i’impérialisme américain et pour la bourgeoisie chilienne. Le coup d’état du 11 septembre 1973 survient dans un pays considéré comme stable et à l’écart des risques d’un putsch militaire. Pinochet dissipera dans le sang ces illusions en bombardant la Moneda et en installant une dictature particulièrement violente.

Angela, la Brésilienne qui avait déjà dû fuir son pays pour cause de dictature se retrouve avec une amie de Soledad la Chilienne dans le Grand Stade de Santiago où elles subit la torture. Si son statut d’étrangère permet à Angela, grâce aux interventions

du Haut commissariat aux réfugies de l’ONU de sortir de ce stade, c’est les larmes aux yeux qu’elle quitte ses compagnes de détention.Soledad, quant à elle s’exile pour suivre son compagnon, Guillermo Nuñez, un des grands peintres chiliens, dont l’oeuvre, depuis ses deux détentions, dénonce la violence extrême exercée par l’état fasciste sur les corps…

Leur témoignage nous fait aussi vivre la situation des exilés du Chili en France, situation difficile même si l’accueil et la solidarité y ont été exemplaires.

Monique a su nous faire partager les espoirs infinis, les terribles déceptions et les douleurs profondes de l’exil, y compris le poids d’un exil plus ancien, celui de la famille de Cinta héritière de la Retirada…

Elle nous a fait aussi sentir combien les démocraties sont fragiles devant le danger de l’extrême droite toujours aux aguets qui menace aujourd’hui tous les continents et qui a déjà reconquis de solides positions, notamment au pays d’Angela…

Mardi 12 février 2019, Monique Roumette a évoqué pour l’ADVR son itinéraire, ainsi que celui de ses trois camarades, dans le Chili des années 70. Quatre militantes, une Française, Monique, une Chilienne, Soledad, une Franco-Espagnole, Cinta, et la dernière, Angela, Brésilienne.

Monique Roumette a évoqué les espoirs de la période Allende dans la construction d’un socialisme humain et dans l’établissement de plus de justice sociale, et la participation de chacune à la réalisation de ces espoirs. Autant de choses insupportables pour i’impérialisme américain et pour la bourgeoisie chilienne. Le coup d’état du 11 septembre 1973 survient dans un pays considéré comme stable et à l’écart des risques d’un putsch militaire. Pinochet dissipera dans le sang ces illusions en bombardant la Moneda et en installant une dictature particulièrement violente.

Angela, la Brésilienne qui avait déjà dû fuir son pays pour cause de dictature se retrouve avec Soledad la Chilienne dans un stade de Santiago où elles subissent la torture. Si son statut d’étrangère permet à Angela de sortir de ce stade,, son amie Soledad reste longuement emprisonnée.

Leur témoignage nous fait aussi vivre la situation des exilés du Chili en France, situation difficile même si l’accueil et la solidarité y ont été exemplaires.

Monique a su nous faire partager les espoirs infinis, les terribles déceptions et les douleurs profondes de l’exil, y compris le poids d’un exil plus ancien, celui de la famille de Cinta héritière de la Retirada…

Elle nous a fait aussi sentir combien les démocraties sont fragiles devant le danger de l’extrême droite toujours aux aguets qui menace aujourd’hui tous les continents et qui a déjà reconquis de solides positions, notamment au pays d’Angela…

Y. Blondeau

Monique Roumette

Disparition d’Annick Burgard

Chers amis de l’ADVR,

J’ai la grande tristesse de vous annoncer le décès de notre camarade Annick Burgard, née Clémence Jayet, survenu le 16 janvier dans sa 96° année.

Annick Burgard avait rejoint notre association dès sa création en 2013, elle était membre du Conseil d’administration et du Comité d’honneur de l’ADVR. Elle participait aussi à toutes les rencontres élèves/ résistants du lycée Hélène Boucher depuis le début il y a plus de 20 ans. Elle était une amie fidèle, active et toujours enthousiaste.

Etudiante en droit à Lyon, patriote fervente, elle entre en résistance dès 1940 en rédigeant et distribuant des tracts. Tout naturellement, elle entre à Libération-Sud puisque ses parents hébergent souvent Ravanel et accueillent aussi de multiples réunions de ce mouvement. Elle devient agent de liaison de Ravanel à Libé-Sud, puis aux Mouvements Unis de Résistance (MUR) et sillonne l’Ain, le Jura, la Savoie et la Saône et Loire. Et, comme elle le disait souvent « quand on est jeune on n’a pas peur… », mais le 3 août 1944, elle est arrêtée avec 27 de ses camarades. Vigoureusement interrogée, elle ne parle pas. Elle est internée à la Prison de Montluc. La libération de Lyon lui permet de retrouver la liberté et de reprendre aussitôt le combat dès le 24 août. Elle se consacre ensuite à l’accueil de déportés.

A partir des années 60, elle aura une inlassable activité au service de la Mémoire, réalisant de nombreuses expositions aux Invalides, participant à l’organisation du musée de la Seconde guerre mondiale aux Invalides, à celui du Struthof et aussi à celui de Verdun. Le 14 décembre dernier se tenait un conseil d’administration du musée de Verdun dont Annick était membre mais elle avait préféré participer à la cérémonie du centenaire de Pierrette Rossi et de Jeannette Borzakian aux côtés de ses amis de l’ADVR. Nous avons à cette occasion évoqué avec elle nos projets pour les années à venir…

Nous perdons une amie, une militante inlassable au service de la Mémoire. Clémence (Annick était son pseudo de résistante) vous nous manquerez.

Y. Blondeau

Vous trouverez en pièces jointes deux photos de notre camarade et amie.
L’une du 28 avril 2017 où Annick Burgard ravive la Flamme sur la tombe du Soldat inconnu au nom de l’ADVR.

L’autre, du 14 décembre 2018, où Annick Burgard participe à la cérémonie du centenaire de Pierrette Rossi et de Jeannette Borzakian à la maison du combattant du 19° arrondissement co-organisée par le CPL et l’ADVR.

Carnet de route à quatre voix », par Monique Roumette

Mardi 12 février 17 h 30

Auditorium du Pavillon Carré de Baudoin, 121 rue de Ménilmontant. Métro Gambetta ou Jourdain, bus 96 ou 26

Elles sont quatre femmes, quatre amies, quatre militantes, une Chilienne, Soledad, une Brésilienne, Angela, une Franco-Espagnole, Cinta, une Française, Monique, toutes ont cru, espéré en l’Unité populaire et milité pour la réussite du socialisme fondé sur la démocratie, la justice sociale et la liberté mis en place par le président Salvador Allende, entre novembre 1970 et le coup d’État du 11 septembre 1973. Elles pré- sentent quatre regards sur ce qu’elles ont vécu au Chili puis, pour Angela et Soledad, dans l’exil. Monique Roumette, qui était militante de Solidarité (réseau de soutien aux mouvements de libéra- tion,) puis universitaire, spécialiste de littérature et de cinéma latino-américains, sera la porte-parole de ses camarades pour évoquer leurs enthousiasmes, leurs désespoirs, leurs rêves et leur « sensibilité aux bruits du monde ».

L’ADVR honore ses deux résistantes centenaires

Vendredi 14 décembre, notre association a eu le plaisir rare d’honorer deux de ses membres centenaires et, qui plus est, anciennes résis- tantes : Jeannette Borzakian ancienne FTP-MOI et Pierrette Rossi an- cienne responsable du service social de Combat dans le département du Rhône, déportée à Ravensbrück. Toutes deux sont restées d’inlas- sables militantes de la Mémoire.

La cérémonie a été organisée par la mairie du 19e arrondissement où réside Jeannette, dans les locaux de la Maison du combattant du 19°, dans une atmosphère chaleureuse et bon enfant. D’autres associations étaient bien sûr associées à cet événement : l’UCFAF (Union culturelle française des Arméniens de France), l’ANACR (Association nationale des anciens combattants de la Résistance), le Comité d’entente et la CNL (Confédération nationale du logement où Jeannette a activement milité).

Après les différentes prises de parole , l’équipe municipale du 19e, bien représentée, a remis à chacune la Médaille vermeil de la Ville de Paris, puis la présidente de l’ADVR, Danielle Chambeiron, leur a remis, au nom de notre association, un cadeau en signe d’amitié.

L’assistance était nombreuse et visiblement heureuse de participer à cet événement exceptionnel qui s’est terminé autour d’un buffet sym- pathique et bien garni. Une dizaine de nos adhérents étaient présents autour de nos deux amies.

Quelques photos (de Roger Gauvrit; membre du CPL) permettront de vous faire partager ce moment d’hommage à nos deux amies.

Jeanne Borzakian, née Civié, voit le jour en Pologne le 14 décembre 1918. Ses partents, juifs, émigrent en France en 1928 pour fuir la répression et la misère. Très tôt, elle s’engage, à l’image de son père, au parti communiste et participe aux grèves de 1936.

Dès le début de l’Occupation, elle commence à résister avec ses camarades communistes. Grâce à son sang froid, à l’entraide et à la solidarité, elle échappe à plusieurs reprises à l’arrestation, tandis que ses parents sont déportés en février 1943 à Auschwitz où ils sont assassinés. Jeannette reste présente, malgré ses responsabilités, pour ses jeunes frères et soeurs devenus orphelins. Sa soeur cadette, Rosette, résistante elle aussi est déportée à Auschwitz en juin 1944 d’où elle reviendra à la Libération.
Après la chute de son réseau, Jeanne intègre les FTP-MOI. En 1947 elle épouse Puzant Borzakian, dit André, résistant corme elle depuis le début. Toute sa vie elle

restera militante. Quand on lui demande pourquoi elle s’est engagée dans la Résistance, elle répond « je devais bien ça à la France qui m’avait accueillie ».

Pierrette Rossi est née à Lyon le 7 février 1918. Elle fait partie des rares Français qui ont vraiment entendu, le 18 juin 1940, l’appel dur général de Gaulle qui lui redonne un peu d’espoir.

Révoltée par la Collaboration, elle rejoint le mouvement Combat en septembre 1941. Son emploi à l’inspection académique lui permet d’avertir les jeunes instituteurs requis pour le STO et elle les aide à y échapper. Agent de liaison, elle participe à des transports et distributions de tracts.

Recherchée, elle devient clandestine sous le nom de Marie Dupont. Elle travaille au service social de Combat dans le département de l’AIN. Sa mission consiste à aider les familles de déportés, fusillés et emprisonnés. Menacée d’arrestation elle change de secteur et devient responsable départementale du service social de Combat à Lyon.

Dénoncée par une de ses adjointes qui a été arrêtée, elle est arrêtée à son tour en juillet 1944 puis déportée à Ravensbrück où elle arrive au terme d’un terrible voyage de 11 jours. Au camp elle s’attache à rester digne et solidaire de ses camarades… et à saboter les pièces qu’elle fabrique dans les usines de guerre du Reich. A l’évacuation du camp, lors des marches de la mort, elle parvient à s’enfuir. Après la guerre Pierrette Rossi devient psychologue et chercheuse en pédagogie.

Photos de la cérémonie : Roger Gauvrit

VISITE DU CERCIL (4 décembre 2018)


Mardi 4 décembre 2018, en partenariat avec le SNES, nous sommes allés visiter le Cercil (centre d’études et de recherches sur les camps d’internement du Loiret). Ce fut une journée riche d’informations mais aussi d’émotion.

Le matin un car nous attendait pour emmener notre groupe de 25personnes sur le site du camp de Pithiviers. Un mémorial marque l’entrée du camp, les bâtiments, à l’exception de l’infirmerie ont disparu et le lieu est aujourd’hui occupé par des logements sociaux. Mais la gare où sont passés les internés est toujours là. Elle doit être réhabilitée et transformée en Mémorial. Nathalie Grenon, directrice du Cercil nous a guidés sur ces lieux chargés de mémoire dont le cadre général a peu changé. Nous avons pu ainsi prendre conscience dut ravail de recherche extraordinaire effectué par le Cercil pour sortir de l’oubli ce lieu et cet épisode criminel de notre histoire. Contrairement àce que l’on pense souvent, la population de Pithiviers a été largement solidaire des internés, en aidant leurs familles, mais aussi en aidant les internés à s’échapper. 7OO évasions ont été recensées, surtout au début, lorsque les victimes de la « rafle du billet vert » de mai 1941, des hommes, juifs étrangers, travaillaient parfois à l’extérieur du camp. Un gros travail a également été mené sur les pages les plus horribles de l’histoire du camp, notamment quand les gendarmes français ont séparé à coups de crosses les femmes de leurs enfants, et lorsque,après la déportation des femmes, les enfants de tous âges ont été livrés à eux-mêmes, y compris les bébés. La petite Aline, âgée de trois ans, dont le Cercil a fait son symbole, fut de ceux-là. Puis les enfants du camp furent déportés à leur tour et aucun ne revint.

L’après-midi c’est la fondatrice et présidente du Cercil, Hélène Mouchard-Zay, fille de Jean Zay, ministre de l’Education nationale et des Beaux-Arts du Front populaire, assassiné par la Milice de Vichy en juin 1944, qui nous fit visiter le Musée-mémorial installé à Orléans.Outre un centre de recherches le Cercil est aussi un musée riche de témoignages vidéos, photographiques, documents divers, très argumentés et analysés. Notre seul regret est d’avoir manqué de temps pour approfondir notre visite car le train de Paris nous attendait!Beaucoup d’entre nous se sont promis de revenir.

Yves Blondeau

Groupe ADVR/SNES à la gare de Pithiviers
Stèle située à l’entrée du camp de Pithiviers
Elément de Baraque du camp de Jargeau installé dans la cour du CERCIL,
classé monument historique.

Conférence sur le thème : « L’art pour transmettre la mémoire des génocides » (23 11 2018)

Vendredi 23 novembre, l’ADVR, en partenariat avec l’UCFAF (Union culturelle française des Arméniens de France) a proposé une conférence sur le thème : « L’art pour transmettre la mémoire des génocides ». La conférencière, Francine Mayran est psychiatre et artiste et chez elle profession et art sont intimement liés. Le traitement des douleurs individuelles l’a amenée à se pencher sur les douleurs collectives et à peindre des scènes de la Shoah, du génocide arménien, du génocide des Tutsis ou des Yésidis… Et tout naturellement son travail l’a amenée à revenir du général au particulier et donc à peindre des visages. Visages de victimes, visages de survivants, visages de combattants, visages de justes.

Francine Mayran a installé, pour illustrer son propos une petite exposition de huit de ses oeuvres, magnifiques de force et d’une grande qualité artistique. Nous avons pu voir en particulier les visages d’Elie Wiesel, d’Ida Grinspan, d’Arsène Tchakarian, mais aussi ceux de deux victimes de la haine raciale qui sévit chez nous aujourd’hui, celui de Mireille Knoll et celui du colonel Arnaud Beltame assassinés le même jour.

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