Compte rendu conférence Marie-Jo Bonnet

Conérence de Marie-Jo Bonnet, mairie du 20e, 15 janvier 2026

Marie-Jo bonnet est historienne, docteur en histoire, commissaire de l’exposition « Lutétia, le
retour des déportés », auteur d’une quinzaine de livres dont plusieurs sur la Résistance, en
particulier « Tortionnaires, truands et collabos, la bande de la rue de la Pompe, 1944 », qu’elle
nous a présenté en 2013 et son avant-dernier ouvrage « Plus forte que la mort, survivre grâce à l’amitié dans les camps de concentration ».
Dans son travail, Marie-Jo Bonnet s’appuie sur les témoignages de Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle, Odette Abadi, Simone Veil, Margarete Buber-Neumann, Odette Fabius notamment. Toutes ces femmes ont souligné combien l’amitié, la tendresse, voire l’amour et parfois l’homosexualité, car la frontière entre l’amitié et l’amour est difficile à délimiter, ont été importants pour assurer la survie d’un certain nombre d’entre elles.
L’amitié a pu transcender les origines sociales et créer des liens qui ne se sont jamais démentis jusqu’à leur mort. Cela a d’ailleurs été confirmé par deux femmes déportées à Ravensbrück, Rosette Onesti et Pierrette Rossi présentes dans la sallle. Si la solidarité politique a souvent été présentée et étudiée, cet aspect-là de l’amitié qui permet de sauvegarder la dignité humaine, n’avait pas été encore évoqué. Nous saluons le courage de Marie-Jo Bonnet qui a su s’engager dans ce travail difficile et délicat. Lors de la conférence qu’elle nous a donnée, elle a su faire comprendre la différence, ou tout au moins une des différences, entre la déportation des hommes et celle des femmes. Les hommes ont parfois été sauvés par un mot, un encouragement fraternel mais toujours empreint d’une certaine virilité. Les femmes, elles, peut-être parce qu’elles ont été mères ou qu’elles le seront n’hésitent pas, outre les mots d’encouragement, à délivrer une caresse, un baiser, à permettre à leur compagne de malheur de pleurer dans leurs bras et à les encourager d’un contact physique qui leur fait sentir leur humanité à travers leur corps. J’entends Marie-Jo Bonnet évoquer le cas de cette déportée épuisé, trempée, désespérée, qu’une de ses camarades vient voir. Elle lui dénoue son foulard, la serre contre sa poitrine et la laisse pleurer ainsi. Ce contact, cette chaleur humaine permettront à la malheureuse de retrouver l’envie de vivre qu’elle avait abandonnée. Militante féministe,Marie-Jo Bonnet nous montre également le lien qui n’est pas un simple hasard entre cette solidarité par l’amitié, cette sororité qui s’est développée dans l’horreur des camps et la volonté d’émancipation des femmes au cours des années 70 en évoquant le « Chant des marais ». Les féministes du MLF ont en effet choisi la musique de ce chant symbole de la déportation, en modifiant les paroles, comme hymne de leur combat. Il était émouvant de l’entendre chanter ces paroles reprises par une partie de la salle.

compte rendu Nous rentrerons ensemble, film de Stéphanie Trouillard

Jeudi 11 décembre à la Mairie du 20e, Stéphanie Trouillard est venue présenter son dernier Web documentaire pour l’ADVR. Stéphanie est une fidèle de notre association, elle est déjà venue présenter en décembre 2021 son premier livre: Mon oncle de l’ombre et nous l’avons retrouvée en octobre 2023 pour la présentation de son second livre : Le village du silence. Entre-temps elle a participé régulièrement aux rencontres de témoignages avec les élèves, que l’ADVR organise chaque année, au Lycée Hélène Boucher.
C’est donc avec plaisir et intérêt que nous l’avons accueillie ce jeudi 11 décembre.
Stéphanie Trouillard mène un important travail pour la mémoire de la Résistance et de la Déportation qui l’a amenée également à publier deux bandes dessinées : Le sourire d’Auschwitz et Si je reviens un jour, lettres retrouvées de Louise Pikovsky » qui redonnent vie à deux jeunes inconnues assassinées à Auschwitz.
Dans son film Nous rentrerons ensemble, elle évoque l’importance de l’amitié qui lie deux femmes déportées à Ravensbrück et qui leur permet de se soutenir mutuellement jusqu’au bout de leurs forces. Malheureusement leur promesse ne se réalisera pas puisque une seule survivra aux marches de la mort qui suivent l’évacuation du camp.
C’est un film conçu de façon très pédagogique qui mérite d’être largement utilisé par les enseignants et qui se distingue par deux caractères originaux. D’abord il relate l’itinéraire de deux femmes, ensuite il évoque une solidarité liée à la simple amitié, beaucoup moins souvent évoquée que la solidarité militante.
La séance s’est terminée par un débat riche et particulièrement intéressant.

Compte rendu des Cahiers d’Alter

L’ADVR( Association de Défense des Valeurs de la Résistance), en partenariat avec l’ACER (Amis des combattants en Espagne républicaine) et MRJ-MOI (mémoire de la résistance juive–main-d’œuvre immigrée) a organisé,  jeudi 20 novembre à la mairie du 20e, la présentation des Cahiers  d’Alter par Roger Fajnzylberg, fils d’Alter Fajnzylberg.

Alter Fajnzylberg, après avoir connu les prisons polonaises, exilé en France, s’est engagé dans les Brigades internationales pour combattre le fascisme. A la fin de la guerre d’Espagne il a connu les camps  d’Argelès, Gurs et Saint-Cyprien, où étaient rassemblés les « apatrides » avant de s’engager dans la Résistance en France. Arrêté en1941, il connaît à nouveau l’internement à Drancy puis à Compiègne avant d’être déporté à  Auschwitz avec le premier convoi parti de  France en mars 1942. A Auschwitz il est affecté au sonderkommando pendant 18 mois, tout en étant membre actif de la résistance intérieure du camp. Son extraordinaire survie s’explique par sa volonté intangible de pouvoir un jour témoigner de ce qu’il a vu et vécu  dans le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.

A son retour Alter rédige plusieurs cahiers relatant l’horreur du camp. Il témoigne également devant les   commissions d’enquête polonaise  et française mais, prenant conscience que son témoignage reste largement inutilisé (incompris?) il  choisit le silence y compris avec son fils… peut-être pour  le protéger. Celui-ci a mis longtemps avant de se décider  à ouvrir la boîte à chaussures qui contenait les cahiers mais aujourd’hui, après avoir fait traduire les cahiers écrits en polonais, après avoir beaucoup travaillé pour remettre le témoignage dans son contexte, Roger Fajnzylberg ravive la volonté de son père et multiplie les interventions pour montrer ce qu’a été l’horreur de la politique  d’extermination nazie.

La très belle conférence de Roger Fajnzylberg a été illustrée par la lecture d’une page des Cahiers en polonais, façon pour nous de rendre hommage à Alter qui avait écrit ses Cahiers en polonais, et par la lecture de passages de ce témoignage par la Compagnie de l’Arbre sec.

Une séance particulièrement riche, émouvante et instructive pour beaucoup que l’ADVR est heureuse d’avoir pu organiser pour donner la parole à Alter.

La séance a été filmée et sera prochainement visible sur notre site : advr.fr

Présentation des Cahiers d’Alter Fajnzylberg

par son fils Roger.

Jeudi 20 novembre, présentation des Cahiers d’Alter , ce que j’ai vu  à Auschwitz. Alter Fajnzylberg, ancien brigadiste  en Espagne républicaine, résistant, déporté à Auschwitz,  affecté aux sonderkommandos de ce camp  a laissé  un témoignage unique qui sera présenté par son fils Roger Fajnzylberg. Lecture d’extraits du texte d’Alter par la Compagnie de l’Arbre sec. Séance organisée en partenariat avec l’ACER (Amis des combattants en Espagne républicaine) et l’MRJ-MOI (Mémoire des résistants juifs–main-d’œuvre immigrée).

Compte rendu de la conférence « Mourir à Paris » de Henri Farreny

Bonjour à toutes  et à tous

Jeudi 15 mai, l’ADVR a présenté à la mairie du 20e une conférence donnée par Henri  Farreny président de l’Amicale des anciens guérilleros espagnols en France–FFI (aagf-ffi) sur le thème « Mourir à Paris ».

L’ADVR avait axé en grande partie son travail de cette saison sur les étrangers dans la Résistance en France avec d’abord le film de Jean-Pierre Vedel: « Le travail allemand », puis avec une séance au Sénat sur Manouchian et ses compagnons, en partenariat avec l’UCFAF ( Union culturelle française des Arméniens de France), avec aussi une séance sur la famille Fontanot : « Une famille italienne dans la tourmente de la guerre et de la Résistance » en partenariat avec l’Association France-Frioul, la Maison de l’Italie, la Société d’histoire de Nanterre et l’Association nationale des partisans italiens de Paris, il nous fallait naturellement évoquer les résistants espagnols qui furent très nombreux en France.

Henri Farreny a choisi de nous faire découvrir cinq figures de ces combattants espagnols.

Après avoir présenté le cadre historique général : la guerre d’Espagne, la Retirada, les camps de concentration en France, il a montré l’itinéraire de cinq guérilleros et présenté le travail de son association pour donner vie à leur mémoire et rappeler  leur sacrifice. Il s’agit de Domingo Tejero, José Baron, Conrad Miret, Mannuel Bergès et José Roig. Henri Farreny  a également rappelé  le nom de Celestino Alfonso, membre du groupe Manouchian fusillé avec ses camarades de l’Affiche rouge.

Il faut souligner que sans le travail acharné d’Henri Farreny et de ses compagnons de l’amicale des anciens guérilleros ces héros de la Résistance seraient aujourd’hui quasiment tous totalement oubliés.

Merci donc à Henri Farreny d’être venu de Montauban pour nous faire partager son travail de mémoire.

Compte rendu de la séance consacrée à la famille Fontaine le 15 mars dernier à la maison de l’Italie

Samedi 15 mars 2025 l’association France-Frioul, la Maison de l’Italie, l’Association de Défense des Valeurs de la Résistance, la Société d’Histoire de Nanterre et l’Association Nationale des Partisans italiens de Paris, ont présenté « La famille Fontanot dans la tourmente de la guerre et de la Résistance »
Après une présentation du contexte historique et géographique réalisée par Patrizia Bisson, présidente de l’association France-Frioul, Paola Vallatta, présidente de l’ANPI Paris a évo- qué l’action des résistants italiens, l’historien Antonio Bechel- loni a retracé l’itinéraire de cette famille de militants commu- nistes qu’étaient les Fontanot. Une partie de la famille, réfu- giée en France, a participé activement à la résistance fran- çaise mais aussi italienne en cachant les chez elle les archives du parti communiste italien.
Membre du groupe Manouchian, auteur de nombreux atten- tats, Spartaco Fontanot est fusillé le 21 février 1944 avec ses camarades de l’Affiche rouge. Son nom figure au Panthéon aux côtés de ceux de ses 22 camarades et de celui du colonel Gilles, Epstein, chef militaire des FTP de l’Ile-de-France.
Les deux cousins de Spartaco, Nerone et Jacques, FTP tous les deux, furent fusillés, le premier en septembre 1943, le se- cond en juin 1944.
Un moment riche et intéressant pour faire découvrir le courage des militants de base de la Résistance « étrangers et nos frères pourtant » qu’étaient les membres de la famille Fontanot.

Le Village du silence de Stéphanie trouillard

L’enquête  passionnante de Stéphanie sur l’assassinat de deux femmes par des résistants peu après le débarquement permet de rompre le silence qui pèse sur ce village depuis 80 ans et de regarder enfin le passé en face. Il y a eu des exactions insupportables commise par certains « résistants » qui salissent le courage et  sacrifice de l’immense majorité de ceux qui ont payé si cher le combat pour libérer la France du pétainisme et du nazisme. Fermer les yeux sur ces crimes serait être complice. Stéphanie, dont le grand-oncle, jeune résistant, a été assassiné dans la même région et à peu près au même moment par des miliciens, fait encore une fois un travail d’historienne de grande qualité.