Intervention de Rachel Jédinak, présidente du comité Tlemcen, le 10 avril 2018

 Intervention de Rachel Jédinak, présidente du comité Tlemcen, en partenariat avec l’ADVR, le 10 avril 2018.

IMG_6980Rachel et sa sœur aînée sont nées en Pologne en 1933 et 1934. Leurs parents, juifs polonais, ont éùogré en France au début des années 20 pour échapper à la misère et au sort fait aux juifs en Pologne. Leur père, ouvrier ébéniste, s’est engagé dès la déclaration de guerre dans la légion étrangère, pour défendre sa nouvelle patrie (l’armée régulière étant réservée aux nationaux français).Il sera envoyé dans le nord, et débutera la « drôle de guerre » durant laquelle Français et Allemands se jaugent sans se faire la guerre.Lorsque les Allemands attaquent et percent les lignes de défense françaises les populations du nord de la France et de Paris fuient sur les routes, c’est l’exode.Rachel, sa mère, sa sœur, son oncle et leur cousine fuient Paris en camion. Des avions effectuent des piqués pour mitrailler les civils. Rachel voit alors ses primeurs cadavres. Elles descendent jusqu’à Angoulême puis rentrent à Paris.
Dès octobre 1940 apparaissent les mesures antisémites. Tampon « Juif » en rouge sur les cartes d’identité, fichier juif contraignant chaque juif à se déclarer aux autorités, multiplication des interdits ( par exemple les jardins publics « interdit aux juifs et aux chiens », limitation des heures pour se ravitailler (entre 15 et 16h, quand les denrées alimentaires ont été déjà vendues), interdiction de fréquenter les cinémas, les piscines…
Le 14 mai 1941 7000 hommes juifs étrangers doivent se présenter pour vérification de leur situation. 3700, dont le père de Rachel, sont arrêtés et envoyés dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande dans le Loiret, gardés par des gendarmes français. A l’été 1941, un droit de visite est accordé aux familles. La mère de Rachel rend visite à son mari et lui demande de s’enfuir, ce qui aurait été relativement facile. Il refuse et fera partie du convoi du 28/06/42 pour le camp d’extermination d’Auschwitz.Les 16 et 17 jui!llet 1942 a lieu la«Rafle du Vel d’ hiv ». A l’aube, plus de 1000 policiers, deux par deux, grâce aux informations du fichier juif, raflent plus de 13 000 personnes dont plus de 4000 enfants. Quelques policiers, dans les quartiers de forte concentration d’immigrés : 20è, 11è, 4è, 10è, ont jeté des tracts prévenant de la rafle. Mais Rachel, sa sœur et sa mère sont emmenées à la «Bellevilloise », transformée en centre de regroupement. Sur le trajet des Parisiens montrent leur désaccord. Là, leur mère les incite à s’enfuir, juste avant l’arrivée des autobus pour Drancy. Les policiers de garde à l’entrée tournent la tête pour ne pas les voir s’évader. La mère de Rachel restera 13 jours à Drancy avant d’être déportée à Auschwitz. C’est au total 17 personnes de la famille de Rachel qui disparaissent dans les camps d’extermination allemands.Le 11 février 1943 une nouvelle rafle a lieu qui, cette fois, n’épargne pas les vieillards. Rachel et sa sœur, réfugiées depuis leur évasion de la « Bellevilloise » chez leurs grands-parents sont arrêtées pour la seconde fois, avec leur grand-mère et amenées au commissariat du 20è. Le grand-père, grabataire, est purement et simplement abandonné sur son lit. Au commissariat on les tasse dans la cave. Profitant de l’arrivée de nouveaux raflés, les deux sœurs parviennent à s’échapper, sans réaction d’opposition des policiers. Devant les vives réactions de personnes arrêtées, les policiers libèrent la grand-mère quelque temps lus tard…
Les deux soeurs vont rejoindre leur oncle en province, mais le danger est partout : le centre de refuge d’enfants juifs devient dangereux (la livraison de 1000 « pièces », c’est à dire de 1000 juifs, est attendue). Il leur faut changer de lieu, de nom : les contrôles sont fréquents (notamment dans les gares), et on peut être dénoncé à tout moment.
A la Libération, elles retrouvent leur appartement complètement vide (tout a été envoyé en Allemagne). Des photos et des documents seront retrouvés dans les égouts !
De retour à l’école Rachel pleure en chantant la Marseillaise. Et puis c’est le retour des prisonniers, des survivants des camps. Seulement 2500 juifs de France rentrent d’Auschwitz. Selon Rachel, il n’y aucune volonté d’écouter le récit des juifs, seuls les récits des résistants étaient audibles à ce moment. A la base, l’administration du gouvernement de Vichy est restée en place et Rachel doit prouver qu’elle est orpheline de guerre. Elle doit travaille dès 14 ans, est émancipée à 16ans 1⁄2. Cette « reconstruction » se fait sans aucun soutien psychologique. Elle épousera un survivant du maquis du Vercors, aura deux enfants, et reprendra ses études à 40ans.
Rachel Jédinak évoque enfin la création du Comité Tlemcen dont elle assure la présidence.
Il s’est donné pour objectif de recenser et de garder la mémoire les enfants juifs massacrés par les nazis après avoir été livrés par Vichy. Des plaque ont été apposées sur les établissements scolaires évoquant les déportations, doublées de plaques, à l’intérieur des écoles et collèges donnant les noms, prénoms et l’âge auquel les enfants ont été déportés.
Rachel témoigne aussi devant les promotions de policiers en formation, mal à l’aise lorsqu’elle leur demande ce qu’ils auraient fait s’ils avaient été policiers à l’époque….

Compte rendu de Catherine Blondeau

IMG_6981 Rachel Jédinak - copie - copie

Conférence de Claudie Bassi-Ledreman, fille de Charles Lederman*

L’Association de Défense des Valeurs de la Résistance a le plaisir de vous inviter à la conférence de Claudie Bassi-Ledreman qui nous présentera le parcours de son père, lederman_charles59543t*,
résistant qui sauva de nombreuses personnes par son action et en particulier de nombreux enfants juifs, militant infatigable des droits de l’homme.

Mercredi 2 mai à 18 heures, au pavillon Carré de Baudouin, 121, rue de Ménilmontant, Paris-20e

*Membre actif de l’OSE (Oeuvre de Secours aux Enfants), à Vénissieux il sauve108 enfants juifs sur le point d’être déportés, c’est lui qui décide l’archevêque de Toulouse, monseigneur Saliège, à rédiger une lettre pastorale déclarant « Les juifs sont des hommes, les juives sont des femmes… » en août 1942. En avril 1943  il fonde l’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (UJRE), mais ses combats ne s’arrêtent pas là !

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Rencontre autour du témoignage de Rachel Jédinak, enfant cachée

L’ADVR, Association de Défense des Valeurs de la Résistance, en partenariat avec le Comité Tlemcen, créé par d’anciens élèves de l’école de la rue Tlemcen pour faire revivre la mémoire des 1100 enfants juifs du XX arrondissement de Paris massacrés dans les camps nazis.

vous invite à une rencontre autour du

Témoignage de Rachel Jédinak, enfant cachée, arrêtée à deux reprises par la police française

Mardi 10 avril à 18 heures

Auditorium du Pavillon Carré de Baudouin, 121 rue de Ménilmontant, 75020, Paris

Métro Gambetta ou Jourdain, bus 96 ou 26., arrêt Pyrénées-Ménilmontant

Réservation conseillée par tel, SMS ou mail : 06 50 42 86 05 , blondeauyves2000@yahoo.fr

Disparition de notre camarade Suzanne Teboul

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Nous avons le regret d’annoncer le décès de notre camarade et amie Susanne Teboul survenu le 12 mars, à l’âge de 91 ans. Entrée dans les FTP très jeune, en 1943, elle a été chargée de nombreuses missions de récupération d’armes auprès des militaires allemands. Elle a participé avec un grand courage, en première ligne, aux combats de la libération de Paris et à la prise du Mont-Valérien. Son passé de résistante lui a valu d’être décorée de la Légion d’honneur.

Dès la création de l’ADVR, Suzanne a rejoint notre association dont elle était membre du conseil d’administration et membre du comité d’honneur. Lors de la crise qui a secoué le comité directeur de l’ANACR à propos du sort injuste et scandaleux fait à Robert Chambeiron, Suzanne était à nos côtés et elle n’a pas hésité à démissionner de ce comité directeur. Nous avons apprécié son soutien et son courage.

Tant que ses forces le lui ont permis, elle a régulièrement participé aux rencontres avec les élèves du lycée Hélène Boucher car elle était militante de la Mémoire.
Son parcours de résistante est évoqué à plusieurs reprises dans le film de Vincent Goubet « Faire quelque chose » et dans mon livre « Rester debout ».
Avec Suzanne c’est une amie que nous perdons.

Ravivage de la Flamme sous l’Arc de Triomphe

Comme chaque année, l’Association de Défense des Valeurs de la Résistance ravivera la Flamme sous l’Arc de Triomphe. Cette année ce sera le jeudi 22 mars à 18h30. Si vous souhaitez participer à cette cérémonie le rendez-vous est à 18 heures en haut des Champs-Élysées, côté droit en regardant l’Arc de Triomphe.
Yves Blondeau, Président de l’ADVR

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Ravivage de la Flamme en 2017

Retour sur la rencontre autour du témoigne de Maurice Jakubowicz

Mardi 13 mars 2018, l’Association de Défense des Valeurs de la Résistance, en partenariat avec le Comité Tlemcen, a organisé une soirée consacrée au thème retenu pour cette année : « Les enfants cachés et les enfants déportés ».

Maurice pendant son intervention
Maurice pendant son intervention

Rachel Jaéglé, empêchée, a été remplacée par Maurice Jakubowicz, du Comité Tlemcen, qui a évoqué la vie de sa famille, une famille juive polonaise de neuf enfants installée dans l’impasse Saumon, aujourd’hui disparue, donnant sur la rue des Amandiers, dans 20e arrondissement de Paris. Le père travaille dans un atelier de fabrication de meubles faubourg Saint-Antoine et la mère s’occupe des enfants.
Dès octobre 1940, avec la promulgation du statut des juifs, la vie des Jakubowicz se précarise.
Le 9 mai 1941 a lieu la première rafle des juifs étrangers. Un oncle de Maurice est arrêté, interné à Pithiviers puis déporté à Auschwitz par le convoi numéro 2. Il reviendra miraculeusement de sa déportation après avoir passé deux ans et demi dans ce camp de la mort.
La famille Jakubowicz échappe à l’arrestation et à la déportation grâce au sens du danger que ressent la mère qui saura éviter de se faire recenser, qui saura cacher tout le monde à la veille des rafles, notamment celle du Vel d’hiv en juillet 1942, qui saura disperser les enfants en province entre février 1944 er la Libération.
Ce sens du danger est partagé par les entants, comme le montre cet épisode raconté par Maurice Jakubowicz. A l’automne 1942, entendant la police arriver, le père se cache sous le lit, cachette dérisoire… Mais quand les inspecteurs de police français demandent où il est, la mère répond: « il est parti et je ne sais pas où ». L’un des inspecteurs prend alors une des fillettes de la famille dans ses bras et lui demande doucement : « où est ton papa? », la fillette de six ans répond: « il est parti depuis longtemps t je voudrais bien le revoir… » Les policiers repartent alors sans même fouiller le minuscule logis de seulement 35 mètres carrés!
Maurice Jakubowicz précise que à la Libération sa famille est la seule survivante des nombreuses familles juives de l’impasse, qu’elle n’a jamais été dénoncée, qu’elle a bénéficié de la solidarité de ses voisins, mais aussi qu’elle a été sauvée par sa grande pauvreté, leurs pauvres biens et le logement minuscule ne pouvant pas attirer les envieux éventuels….

Le témoignage de Maurice Jakubowicz, clair, vivant, émouvant et documenté a ravivé les mémoires sur la criminelle collaboration du gouvernement de Vichy et de sa police.

 

Rencontre annuelle des témoins de l’Occupation avec les élèves (09 02 2018)

Vendredi 9 février 2018 a eu lieu au lycée Hélène Boucher la rencontre annuelle des témoins de la période de l’Occupation avec les élèves.
23 témoins avaient répondu présent à l’invitation de l’Association de Défense des Valeurs de la Résistance (ADVR) mais, compte tenu des conditions climatiques extrêmement difficiles (neige et verglas), 12 seulement ont pu se rendre au lycée. Qu’ils en soient particulièrement remerciés. En effet ils étaient très attendus par les élèves puisque plus de 300 d’entre eux s’étaient inscrits pour cette soirée qui débutait après leurs cours.

Cette année nous avons donné une large place aux enfants cachés ou déportés qui représenteraient près de la moitié des témoins.
Il nous semble important de donner également la parole à des personnes qui peuvent apporter un témoignage direct sur ce qu’a été la barbarie de cet période car ce contact direct avec les jeunes est un moment important de la vie du lycée ainsi que l’a appelé madame Nouis, proviseur du lycée Hélène Boucher.

Nous précisons que ce genre de rencontre, devenu traditionnel dans ce lycée est un événement unique puisqu’il nécessite à la fois la mobilisation d’un grand nombre de témoins, mais la mobilisation également d’une grande partie du personnel de l’établissement scolaire, proviseur, conseillers d’éducation, secrétaire, intendance, etc. Une telle conjonction n’est en effet pas courante.

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Vue de la salle.
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Allocution d’introduction de Madame Nous, proviseure.
Une partie des témoins pendant le pot amical qui a suivi la rencontre.

Séance du Mardi 13 Mars 2018

La séance ADVR/Comité Tlemcen du mardi 13 mars est modifiée, Rachel Jaéglé étant dans l’impossibilité de venir.
Maurice Jakubowicz du Comité Tlemcen la remplacera et nous parlera du parcours de sa famille et de son enfance cachée sous l’Occupation.
Mardi 13 mars, 18 heures, auditorium du pavillon Carré de Baudouin, 121, rue de Ménilmontant, Paris XXe.