Hommage à Robert Chambeiron

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XE2E3048 XE2E3047Le 21 novembre 2018, une plaque commémorative a été inaugurée par la maire de Paris Anne Hidalgo sur l’immeuble où habitait Robert Chambeiron.
La cérémonie a été ouverte par un adjoint à la maire du 16e arrondissement rappelant le rôle de Robert Chambeiron aux côtés de Jean Moulin et au CNR. Marie-Françoise Bechtel, ancienne députée de l’Aisne et vice-présidente de la Commission des lois, auteur d’un livre d’entretiens avec Robert Chambeiron ( Robert Chambeiron résistant, ed. Fayard) et amie de ce dernier a évoqué la fidélité sans faille de Robert Chambeiron aux valeurs de la Résistance qu’il avait contribué à créer et sa passion pour sa ville, Paris qu’il avait contribué à libérer.
La mairie de Paris, Anne Hidalgo, a ensuite, dans une allocution chaleureuse, fait part de sa gratitude pour l’action résistante de Robert Chambeiron avant de procéder au dévoilement de la plaque.
L’ADVR est heureuse et fière d’être née de la dernière action militante de Robert Chambeiron.
Vous trouverez ci-dessous in extenso le texte de l’allocution de Marie-Françoise Bechtel, membre de l’ADVR, ainsi que la vidéo de cette allocution. De même vous trouverez également la vidéo de l’allocution de Anne Hidalgo, Maire de Paris.

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Texte de l’allocution de M-F Bechtel, membre du CA de l’ADVR.

 » Madame la maire de Paris, M. le représentant du Préfet de police, M. le maire adjoint représentant le maire du 16° arrondissement, Mesdames et Mmes et Mrs les élus et représentant les associations, membres de la famille, proches et amis de Robert Chambeiron, Chère Danièle,
Je sais que vous partagez tous l’émotion avec laquelle je viens ici dire combien nous touche le geste par lequel, Madame la Maire, vous honorez comme vous le faites ici la mémoire de Robert Chambeiron.
Mon intervention ne retracera pas le parcours politique de Robert comme ce sera fait ensuite -et a déjà été abordé ; je donnerai plutôt la note personnelle au nom de ceux qui l’ont bien connu.
L’apposition d’une plaque a quelque chose de paradoxal lorsque le souvenir du disparu est encore si vivant. D’une certaine façon c’est figer en un lieu par définition immobile ce qui fut une histoire personnelle par définition mobile et vivante . Mobile et vivant : nous sommes nombreux ici à savoir combien ces derniers qualificatifs s’appliquent à Robert. Car la vie de Robert , tout entière imprégnée par l’action de la Résistance puis par la volonté d’en faire vivre l’ esprit, a été celle d’un militant infatigablement attaché à défendre les causes auxquelles il croyait, puis ou simultanément d’élu du peuple et pour finir de député européen. Pour finir disais-je : cela n’est pas tout à fait exact car quasiment jusqu’à sa mort Robert fut infatigablement actif. N’avait-il pas créé peu avant d’être frappé par la maladie l’ADVR – l’association pour la défense des valeurs de la Résistance- dont je salue ici le président, afin de s’assurer du plein respect des valeurs dont toute sa vie il fut l’acteur et le témoin exigeant, refusant de céder quoi que ce soit à la haute idée qu’il se faisait de ces mêmes valeurs ?
Pourtant, cette intrication de l’espace et du temps telle que nous la vivons aujourd’hui n’a rien d’une symbolique figée. Elle manifeste au contraire une dimension essentielle qui marqua la vie de Robert dont le destin devait être  indissolublement lié à celui d’une ville, Paris, Paris espace politique ou gronda si souvent un peuple épris de liberté et l’égalité, Paris que la famille de son père habitait depuis de nombreuses générations -fait auquel, me disait récemment Danièle, il était particulièrement attaché- , Paris enfin où il vécut le plus fort, le plus intense épisode de sa vie non pas dans le confort que suggère l’immeuble devant lequel nous sommes aujourd’hui et où Robert vécut depuis les années 50 mais dans une errance qui avait, il le disait, laissé des traces ineffaçables, celle de la clandestinité : résistant dès 40, Robert devint clandestin en 42. Un Paris où Robert et ses compagnons, redoutant les concierges , redoutant les immeubles qui ne disposaient pas d’une double issue, déménageait tous les deux ou trois jours avec les quelques affaires indispensables. Ecoutons ce qu’il en disait, je le cite : «  le risque zéro n’existait pas. L a rue était un danger permanent . Dans le métro, en changeant de ligne, on risquait de se retrouver bouclé avec des Allemands à chaque bout du couloir ». Pour ceux qui n ’ont pas vécu cette période il n’est pas certes pas imaginable de concevoir la ville comme le vaste piège qu’il décrivait ainsi. » Le prix de ce que nos lois républicaines nomment la « liberté d’aller et venir » , c’est à ce combat que nous le devons aujourd’hui.
Les immeubles de Paris mais aussi donc, les rues. Ainsi, disait-il il recherchait et privilégiait pour ses rv clandestins les rues sans intersection lui permettant en se situant à un bout de la voie de vérifier si la personne qu’il devait rencontrer était ou non suivie.
Et c’est ainsi finalement que la plaque aujourd’hui apposée sur l’immeuble où il devait finir sa vie entouré par Danièle de tant de soins et d’ attention inscrit finalement sa mémoire dans la ville, celle même dont il aimait le peuple -auquel il appartenait- et pour laquelle il se sera tant battu. Cette plaque, madame la Maire, est et restera le témoignage concret de notre gratitude à tous envers ce combat. Puisse cette gratitude rester aussi vivante, pour le passant comme pour nous ici rassemblés, que Robert le fut quasiment jusqu’à son dernier jour. »

« UNE HONTE ! »

Nous publions ci-dessous la réaction de notre camarade Anne-Marie Jacquin aux propos du président de la République lors de son « itinérance mémorielle » du 11 novembre 2018. L’ADVR s’y associe totalement.

Je vous suppose aussi indignés que moi par les propos du président de la République qui fait preuve d’un exceptionnel sens de la justice – aussi bien moral que politique ou historique – à l’égard du grand homme que fut le héros de Verdun . Il faut rendre à César…..bien sûr ; le choix de homme de 1940 et la suite des décisions prises: simple avatar, erreur -non pas de jeunesse mais de vieillesse – simple mauvais choix dans une si belle carrière ! Quel dommage pour les victimes de ses choix malheureux ! c’est vraiment pas de chance ! La vie tient à peu de chose tout de même ! l’horreur et la honte aussi ! On nage dans les eaux croupies d’un révisionnisme masqué qui se dissimule derrière un pseudo discours qui se dit nuancé dans un souci de justice…. Justice ou déresponsabilisation, voire réhabilitation ? C’est une honte. Je suis bouleversée en pensant aux horreurs que les gens ont subies « grâce à lui » (car il ne faut plus dire « à cause » ce serait désobligeant eu égard à son passé .) Les lois anti- juives et la déportation des enfants, les exactions de sa milice, la chasse à la Résistance avec tous ses méfaits inqualifiables… Tout ça est donc devenu négligeable au regard des mérites du vainqueur de Verdun ? Et d’ailleurs parlons-en du vainqueur de Verdun : celui qui n’a pas hésité à y sacrifier plusieurs centaines de milliers d’hommes – il est vrai que la victoire appartient aux généraux et à la guerre on ne compte pas….! Les hommes, eux, ne sont plus là pour donner leur avis ! Et quand, encore vivants, ils ont osé le donner comme ils l’ont fait un peu plus tard au Chemin des Dames,(le hasard sans doute?) on leur envoie le héros pour les mater – oh, ne soyons pas injustes, avec aussi un peu de vin pour les détendre et un meilleur « rata ». Que les descendants de tous les « indignes soldats, citoyens désobéissants » – mutins avérés, fusillés pour l’exemple, punis de tous ordres – se mettent bien dans la tête qu’ils l’ont bien mérité: l’héroïsme ça se mérite ! Il faut « faire don de sa personne à la France » (sic) pour avoir droit aux honneurs de la postérité.

Or, plus tard, certes par hasard, quelques uns de ces descendants ont su faire le bon choix – pas celui du Maréchal – en devenant Résistants, nombre d’entre eux ont fait ce don, concrètement eux . Ne les qualifient-on pas de héros eux aussi ? Alors les Héros, c’est qui? C’est eux ou c’est lui ? Ah! c’est les deux !!! Alors, que dire » aux enfants de nos écoles? »(selon la formule consacrée). Faut-il en faire de « bons citoyens » ou de « bons français » ?

Je me souviens du résistant Raymond Aubrac qui disait avec une grande humilité aux élèves : « les héros ce sont ceux qui sont morts « .

Décidément, la pensée de l’extrême droite ne survit pas que chez les Le Pen et nos jeunes gouvernants sont bien vieux !

A.-M. J.

Conférence de Francine Mayran : « L’art pour transmettre la mémoire des génocides »

L’ADVR, en partenariat avec l’UCFAF (Union culturelle française des Arméniens de France) vous invite à la conférence de
Francine Mayran

L’art pour transmettre la mémoire des génocides
Vendredi 23 novembre à 17H30
Pavillon Carré de Baudouin, Paris 20°

Francine Mayran est peintre, céramiste, psychiatre et expert au Conseil de l’Europe. Par ses conférences et ses expositions (65 expositions depuis 2008), elle transmet la mémoire de la Shoah, du génocide arménien et du génocide des Tutsis.
Elle relie art, témoignage individuel et histoire, pour questionner la responsabilité individuelle, réveiller les consciences et sensibiliser à l’humain.
Elle ancre son oeuvre dans l’actualité ( portraits de Mireille Knoll, du colonel Beltrame, portraits pour sensibiliser au génocide des Yezidis en Irak par Daesh).
Elle intervient dans les écoles et dans des formations pour enseignants. Elle est l’un des membres fondateurs de la Fondation “Claude Lévy, enfant juif caché”.
Elle a publié un livre “Témoigner de ces vies-Peindre la mémoire” aux Editions du Signe qu’elle signera à l’issue de la conférence.

4 décembre 2018 : journée consacrée aux camps d’internement du Loiret

L’ADVR, en partenariat avec le SNES, organise le mardi 4 décembre 2018 une journée consacrée aux camps d’internement du Loiret.

Les visites seront animées par des membres du CERCIL, Centre d’études sur les camps d’internement du Loiret.

La visite est organisée en deux séquence .: le matin visite du site du camp de Pithiviers et l’après-midi, visite du CERCIL à Orléans.

Le détail de la journée est expliqué dans l’invitation en pièce jointe.

L’inscription, compte tenu du nombre de places disponibles, est obligatoire (par mail, SMS ou tel)

Yves Blondeau, secrétaire général de l’ADVR – blondeauyves2000@yahoo.fr ou 06 50 42 86 05

TÉLÉCHARGER L’INVITATION

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Hommage à Arsène Tchakarian

En partenariat avec l’UCFAF (Union culturelle des Arméniens de France), l’ADVR vous invite à participer à l’hommage qui sera rendu à Arsène Tchakarian,  dernier survivant du groupe Manouchian, qui nous a quittés début août à 101 ans.
Arsène Tchakarian avait témoigné dans le film de Vincent Goubet  sorti en 2013 « Faire quelque chose »   et dans mon livre  « Rester debout » paru en 2014.

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Projection exceptionnelle de « La Bataille du rail » de René Clément

« La Bataille du rail », de René Clément, au studio Saint-André des Arts,
en partenariat avec le CPL, Comité parisien de la Libération,
Jeudi 21 juin, 20h30.

Débat assuré par Guy Hervy, secrétaire général du CPL, ancien cheminot.

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L’ADVR et le CPL, Comité Parisien de la Libération, en partenariat avec le cinéma Saint-André des Arts, vous convient à la projection suivie d’un débat; du film de René Clément, « La Bataille du rail ».

Le jeudi 21 juin à 20h30.

Prix des places 8,5 euros – tarif réduit.

Le débat sera animé par Guy Hervy, secrétaire général du Comité Parisien de la Libération.

Le film évoque les différents aspects de la résistance des cheminots: aide aux fugitifs, renseignements, information par tracts, sabotages. La seconde partie du film développe le rôle clé tenu par la résistance fer au moment du Débarquement. Naturellement, le film aborde aussi le thème de la répression.
De 1944 à 1946 c’est le Comité de libération du cinéma français qui gère la production cinématographique. Le film de René Clément, sorti en février1946, est le premier film qui traite de la résistance ferroviaire.

Cinéma Saint-André des Arts, 30 rue St-André des Arts, 75006 Paris M° Odéon ou Saint-Michel.

BANDE-ANNONCE

Commémoration du 75° anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance

Texte lu par Guy Hervy au nom du Comité Parisien de Libération devant le 48 rue du Four le 27 mai lors de la commémoration du 75° anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance

Monsieur le Chancelier honoraire de l’Ordre de la Libération
Madame la Ministre
Madame la Maire adjointe chargée de la mémoire et du monde combattant, conseillère défense.
Mesdames et messieurs les élus.
Mesdames et messieurs les actrices et acteurs de ce moment qui sans votre courage n’aurait pu être aujourd’hui commémoré.
Mesdames et messieurs les porteurs aux titres d’associations de mémoires et d’anciens combattants, de l’histoire et du souci de sa transmission,
Mesdames Messieurs,

Avant une trop rapide évocation des raisons qui nous rassemblent ce jour, d’abord remercier les jeunes, enfants et étudiants, leurs encadrants et conseillers historiques artistiques, ils participent fortement à la qualité de cette journée.
Le 19 juillet 2013, le JO publiait la loi faisant du 27 mai la Journée Nationale de la Résistance,

Sa première édition parisienne en 2014 se tint à l’Hôtel de Ville de Paris, la municipalité accueillant les 32 organisations en compagnie du secrétaire d’État aux anciens combattants.
Pour cette 5e année, la célébration de cette page d’histoire mobilise plus de 90 organisations et institutions.

Sans relâche, les organisateurs ont sollicité l’État et les collectivités territoriales pour les assister dans cette tâche.
En ce 75e anniversaire du CNR, c’est une grande satisfaction, nous bénéficions du Haut patronage de Monsieur le Président de la République, de la présence de Madame la Secrétaire d’État auprès de la Ministre des Armées et de Madame la Maire adjointe chargée de la mémoire e du monde combattant.

Depuis la première édition, nous avons l’aide tant de Paris et de son conseil que du Ministère des armées au travers de sa direction de la mémoire et du patrimoine. Des Comités d’Entreprise celui des Cheminots, celui de la RATP né des ordonnances de la Libération, ou comme la RATP créée alors pour construire un grand service public, sont depuis l’origine nos partenaires. Qu’ils en soient ici remerciés.

Quand le 19 décembre 1964 André Malraux devant le Panthéon, ouvre en grand les portes de la reconnaissance de la République à Jean Moulin, ils sont peu nombreux
ceux qui avec lui avaient franchi celle de ce 48 rue du Four.
Nombre ne verront pas la victoire. Filature par la police française et la Gestapo, trahisons. Certains seront fusillés, mourront en déportation ou encore au combat sous les coups et la torture à l’image de Jean Moulin, ou se suicideront de peur de ne pouvoir y résister.

Combien de Précautions pour Pierre Meunier et Robert Chambeiron sur place et à Daniel Cordier venue de Lyon avec J Moulin pour organiser la rencontre dans la clandestinité. La réunion est à l’image d’une France d’alors,. Pas de résistante alors que sans elles, rien n’aurait pu exister.

À deux pas d’ici, rue de Buci, madeleine Marzin prendra la parole en public pour appeler les femmes à refuser la pénurie organisée par le pillage des ressources alimentaires par l’occupant avec l’acceptation des collabos. Arrêtée, jugée et condamnée à mort, la résistance des cheminots la feront évader en Gare Montparnasse lui permettant d’échapper à son exécution et de poursuivre son combat.

Oui pas de femmes présentes le 27 mai, mais combien d’entre elles, vont permettre cette réunion ? Combien seront-elles à affronter la mort pour mettre en œuvre ses décisions ?

Autre singularité :
La Place des syndicalistes. La participation de la CGT réunifiée, la présence de
la CFTC permettra au monde du travail de s’y présenter rassemblé, confirmant ainsi avec ses plus de deux années de combat dans l’ombre son refus de céder à la répression et à cette collaboration économique qui non seulement la permet, mais souvent la
sollicite. Après l’arrestation de Jean Moulin, l’un d’eux, Louis Saillant, secrétaire de la CGT réunifiée, sera un de ses présidents.
Alain Poher ancien élève de l’École des Mines est au nom de la CFTC président du Comité de Libération du ministère des Finances ?
Pierre Villon, secrétaire du syndicat des Douanes et militant communiste sera avec Jacques Bingen un des rédacteurs de son programme, puis sera un des responsables de son comité militaire,
Une diversité, qualité et atout maître de cette résistance tout autant sociale, culturelle artistique que politique philosophique.
Image d’une diversité de l’engagement ; savoir désobéir, s’insurger, mais aussi de penser l’avenir et de le mettre en chantier avec toutes ses composantes dont les partis et forces politiques ayant refusé de se coucher devant l’occupant et son idéologie génocidaire.
les 17 ici rassemblés étaient animés de la volonté de combattre de façon
implacable toutes les persécutions,
Résolus d’extirper les racines de l’antisémitisme ayant permis au régime pétainiste de produire ses décrets de l ‘automne 40, décrets tenus sur les fonts baptismaux par cette part des élites d’alors qui depuis l’affaire Dreyfus, tels les
Daudet,Maurras, Celine ET d’autres, paradant et disposant des moyens matériels et financiers pour tenir le haut du pavé. Là sont les racines historiques du racisme et de l’antisémitisme en France jusqu’à nos jours.
Il appellera à ce que soient jugés et condamnés ceux qui aujourd’hui bénéficie d’ une intolérable tentative de réhabilitation…Qui ne doit pas être.
L’oublier conduit à laisser croître tous ses surgeons.
Les participants du 27 mai affirment l’unité de Résistance derrière le chef de la France Libre pour mener le combat.
Le général de Gaulle reconnu comme le représentant de la résistance française, le 3 juin 1943, fonde à Alger le « Comité français de Libération nationale » (CFLN). Avec le CNR, ils formeront la France Combattante qui, l’ennemi vaincu, remettra le pouvoir aux autorités de la République.

Le 12 septembre 1944, au Palais de Chaillot, le général de Gaulle accorde une place importante à la rénovation de la démocratie politique, économique, sociale et culturelle du pays. Ses propos sont en résonance avec le programme du CNR.
Robert Chambeiron, son Secrétaire général adjoint pourra dire  » La République rénovée ne sera vraiment démocratique que si elle repose sur un socle social. La liberté n’est qu’un leurre quand elle n’a pas la justice pour compagne « .

Le 27 mai 1943 fonde le pacte Républicain.
Un programme qui avec le préambule de notre Constitution devrait servir de livre de chevet à nombre de responsables d’aujourd’hui pour non pas répondre aux exigences des héritiers des faillis d’hier, mais en porter le message et faire vivre ses principes.
Nous accueillant lors de la préparation de cette journée, au nom de la Fondation de la Résistance, son directeur général nous disait l’exigence de lui donner son indispensable résonance dans les programmes scolaires et dire combien le 27 mai 1943, à juste titre, s’inscrit dans la lignée des grands moments telle la Révolution de 1789.
Si l’insurrection d’août 44 déclenchée par la grève des cheminots renvoie à l’épopée de 89, comment ne pas faire une analogie entre deux dates : 27 mai 1943 ? – 20 juin 89 et le serment du jeu de paume ?

Autour de Jean Moulin, tous conscients d’entrer ici porteur de la volonté du peuple, ils en sortirent encore plus déterminés, Jean Moulin donnant l’exemple jusqu’au sacrifice, appelant à se servir des baïonnettes pour libérer le pays et rétablir la République.

À charge maintenant pour ceux qui ont à cœur de transmettre le sens de leur action et de leur message de lui donner sa place dans les manuels, garantie que cette page, comme la mémoire de ce que furent les trahisons et horreurs qui conduisirent à devoir résister, ne soit pas qu’un moment mémoriel, mais la volonté, clin d’œil respectueux à Lucie Aubrac, de persister à conjuguer le verbe résister au présent.

Je vous remercie.

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Guy Hervy, secrétaire général du CPL pendant son intervention
Danielle Chambeiron, présidente de l'ADVR pendant la cérémonie,Merci. derrière elle, Annick Burgard membre du conseil d'administration de l'AEVR.
Danielle Chambeiron, présidente de l’ADVR pendant la cérémonie,Merci. derrière elle, Annick Burgard membre du conseil d’administration de l’ADVR.

2 mai 2018, Conférence ADVR « Charles Lederman, résistant », par Claudie Bassi-Lederman, sa fille.

Charles Lederman a mené toute sa vie un combat singulier contre les fascismes. Né à Varsovie en 1913, il adhère aux jeunesses communistes des l’âge de 13 ans. Très jeune il devient avocat de la Ligue des des Droits de l’Homme et défend à ce titre des réfugiés étrangers. En 1939 il n’hésite pas à critiquer le pacte germano-soviétique. Mobilisé, il est capturé à Dunkerque en mai 1940. Evadé d’Allemagne, il entre dans la clandestinité dès 1940 et travaille à avertir les juifs des dangers qui les menacent. En octobre 1940, en falsifiant les dates de naissance de nombreux enfants de républicains espagnols internés dans le camp de Rivesaltes il permet leur libération et leur placement dans des familles. Il participe également à l’évasion de nombreux internés adultes. Repéré, il doit quitter Rivesaltes, mais il fera de même dans d’autres camps d’internement. En janvier 1941 il entre en contact avec la section juive de la MOI (main d’ œuvre immigrée, organisation créée dans les années 20 par le PCF pour regrouper les étrangers). La résistance juive communiste informe la population juive et française, et utilise une couverture humanitaire dans le cadre de l’OSE (Oeuvre de Secours aux Enfants, créée en 1933).

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Journée nationale de la Résistance 2018 à Paris

Texte lu par Guy Hervy au nom du Comité Parisien de Libération devant le 48 rue du Four le 27 mai lors de la commémoration du 75° anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance

Monsieur le Chancelier honoraire de l’Ordre de la Libération
Madame la Ministre
Madame la Maire adjointe chargée de la mémoire et du monde combattant, conseillère défense.
Mesdames et messieurs les élus.
Mesdames et messieurs les actrices et acteurs de ce moment qui sans votre courage n’aurait pu être aujourd’hui commémoré.
Mesdames et messieurs les porteurs aux titres d’associations de mémoires et d’anciens combattants, de l’histoire et du souci de sa transmission,
Mesdames Messieurs,

Avant une trop rapide évocation des raisons qui nous rassemblent ce jour, d’abord remercier les jeunes, enfants et étudiants, leurs encadrants et conseillers historiques artistiques, ils participent fortement à la qualité de cette journée.
Le 19 juillet 2013, le JO publiait la loi faisant du 27 mai la Journée Nationale de la Résistance,

Sa première édition parisienne en 2014 se tint à l’Hôtel de Ville de Paris, la municipalité accueillant les 32 organisations en compagnie du secrétaire d’État aux anciens combattants.
Pour cette 5e année, la célébration de cette page d’histoire mobilise plus de 90 organisations et institutions.

Sans relâche, les organisateurs ont sollicité l’État et les collectivités territoriales pour les assister dans cette tâche.
En ce 75e anniversaire du CNR, c’est une grande satisfaction, nous bénéficions du Haut patronage de Monsieur le Président de la République, de la présence de Madame la Secrétaire d’État auprès de la Ministre des Armées et de Madame la Maire adjointe chargée de la mémoire e du monde combattant.

Depuis la première édition, nous avons l’aide tant de Paris et de son conseil que du Ministère des armées au travers de sa direction de la mémoire et du patrimoine. Des Comités d’Entreprise celui des Cheminots, celui de la RATP né des ordonnances de la Libération, ou comme la RATP créée alors pour construire un grand service public, sont depuis l’origine nos partenaires. Qu’ils en soient ici remerciés.

Quand le 19 décembre 1964 André Malraux devant le Panthéon, ouvre en grand les portes de la reconnaissance de la République à Jean Moulin, ils sont peu nombreux
ceux qui avec lui avaient franchi celle de ce 48 rue du Four.
Nombre ne verront pas la victoire. Filature par la police française et la Gestapo, trahisons. Certains seront fusillés, mourront en déportation ou encore au combat sous les coups et la torture à l’image de Jean Moulin, ou se suicideront de peur de ne pouvoir y résister.

Combien de Précautions pour Pierre Meunier et Robert Chambeiron sur place et à Daniel Cordier venue de Lyon avec J Moulin pour organiser la rencontre dans la clandestinité. La réunion est à l’image d’une France d’alors,. Pas de résistante alors que sans elles, rien n’aurait pu exister.

À deux pas d’ici, rue de Buci, madeleine Marzin prendra la parole en public pour appeler les femmes à refuser la pénurie organisée par le pillage des ressources alimentaires par l’occupant avec l’acceptation des collabos. Arrêtée, jugée et condamnée à mort, la résistance des cheminots la feront évader en Gare Montparnasse lui permettant d’échapper à son exécution et de poursuivre son combat.

Oui pas de femmes présentes le 27 mai, mais combien d’entre elles, vont permettre cette réunion ? Combien seront-elles à affronter la mort pour mettre en œuvre ses décisions ?

Autre singularité :
La Place des syndicalistes. La participation de la CGT réunifiée, la présence de
la CFTC permettra au monde du travail de s’y présenter rassemblé, confirmant ainsi avec ses plus de deux années de combat dans l’ombre son refus de céder à la répression et à cette collaboration économique qui non seulement la permet, mais souvent la
sollicite. Après l’arrestation de Jean Moulin, l’un d’eux, Louis Saillant, secrétaire de la CGT réunifiée, sera un de ses présidents.
Alain Poher ancien élève de l’École des Mines est au nom de la CFTC président du Comité de Libération du ministère des Finances ?
Pierre Villon, secrétaire du syndicat des Douanes et militant communiste sera avec Jacques Bingen un des rédacteurs de son programme, puis sera un des responsables de son comité militaire,
Une diversité, qualité et atout maître de cette résistance tout autant sociale, culturelle artistique que politique philosophique.
Image d’une diversité de l’engagement ; savoir désobéir, s’insurger, mais aussi de penser l’avenir et de le mettre en chantier avec toutes ses composantes dont les partis et forces politiques ayant refusé de se coucher devant l’occupant et son idéologie génocidaire.
les 17 ici rassemblés étaient animés de la volonté de combattre de façon
implacable toutes les persécutions,
Résolus d’extirper les racines de l’antisémitisme ayant permis au régime pétainiste de produire ses décrets de l ‘automne 40, décrets tenus sur les fonts baptismaux par cette part des élites d’alors qui depuis l’affaire Dreyfus, tels les
Daudet,Maurras, Celine ET d’autres, paradant et disposant des moyens matériels et financiers pour tenir le haut du pavé. Là sont les racines historiques du racisme et de l’antisémitisme en France jusqu’à nos jours.
Il appellera à ce que soient jugés et condamnés ceux qui aujourd’hui bénéficie d’ une intolérable tentative de réhabilitation…Qui ne doit pas être.
L’oublier conduit à laisser croître tous ses surgeons.
Les participants du 27 mai affirment l’unité de Résistance derrière le chef de la France Libre pour mener le combat.
Le général de Gaulle reconnu comme le représentant de la résistance française, le 3 juin 1943, fonde à Alger le « Comité français de Libération nationale » (CFLN). Avec le CNR, ils formeront la France Combattante qui, l’ennemi vaincu, remettra le pouvoir aux autorités de la République.

Le 12 septembre 1944, au Palais de Chaillot, le général de Gaulle accorde une place importante à la rénovation de la démocratie politique, économique, sociale et culturelle du pays. Ses propos sont en résonance avec le programme du CNR.
Robert Chambeiron, son Secrétaire général adjoint pourra dire  » La République rénovée ne sera vraiment démocratique que si elle repose sur un socle social. La liberté n’est qu’un leurre quand elle n’a pas la justice pour compagne « .

Le 27 mai 1943 fonde le pacte Républicain.
Un programme qui avec le préambule de notre Constitution devrait servir de livre de chevet à nombre de responsables d’aujourd’hui pour non pas répondre aux exigences des héritiers des faillis d’hier, mais en porter le message et faire vivre ses principes.
Nous accueillant lors de la préparation de cette journée, au nom de la Fondation de la Résistance, son directeur général nous disait l’exigence de lui donner son indispensable résonance dans les programmes scolaires et dire combien le 27 mai 1943, à juste titre, s’inscrit dans la lignée des grands moments telle la Révolution de 1789.
Si l’insurrection d’août 44 déclenchée par la grève des cheminots renvoie à l’épopée de 89, comment ne pas faire une analogie entre deux dates : 27 mai 1943 ? – 20 juin 89 et le serment du jeu de paume ?

Autour de Jean Moulin, tous conscients d’entrer ici porteur de la volonté du peuple, ils en sortirent encore plus déterminés, Jean Moulin donnant l’exemple jusqu’au sacrifice, appelant à se servir des baïonnettes pour libérer le pays et rétablir la République.

À charge maintenant pour ceux qui ont à cœur de transmettre le sens de leur action et de leur message de lui donner sa place dans les manuels, garantie que cette page, comme la mémoire de ce que furent les trahisons et horreurs qui conduisirent à devoir résister, ne soit pas qu’un moment mémoriel, mais la volonté, clin d’œil respectueux à Lucie Aubrac, de persister à conjuguer le verbe résister au présent.

Je vous remercie.

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Guy Hervy, secrétaire général du CPL pendant son intervention
Danielle Chambeiron, présidente de l'ADVR pendant la cérémonie,Merci. derrière elle, Annick Burgard membre du conseil d'administration de l'AEVR.
Danielle Chambeiron, présidente de l’ADVR pendant la cérémonie,Merci. derrière elle, Annick Burgard membre du conseil d’administration de l’ADVR.

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