Comme chaque année, l’Association de Défense des Valeurs de la Résistance a organisé, au Lycée Hélène Boucher à Paris dans le 20e, une rencontre entre élèves et témoins sur le thème de la Seconde guerre mondiale.
Cette année, cette rencontre a rassemblé, face aux élèves, une vingtaine de témoins. Si nous avions l’an passé encore un résistant, Jacques Klajnberg qui est malheureusement décédé quelques semaines après sa venue au lycée, cette année il n’y avait plus aucun témoin direct de la Résistance et de la Déportation. Depuis plusieurs années, face a la disparition des résistants et des déportés, la question s’est posée de savoir s’il fallait arrêter ces rencontres auprès des jeunes, commencées en 1996, ou les continuer sous une autre forme. Nous avons progressivement donné davantage la parole aux enfants cachés qui sont encore des témoins directs et, sur la Résistance et la Déportation, nous avons décidé de travailler avec les témoignages des enfants de résistants et les enfants de déportés qui ont aussi un message important à faire passer. S’ils ne sont pas des témoins directs, ils restent des « passeurs de mémoire », selon l’expression chère à Robert Chambeiron. En effet, la plupart d’entre eux ont écrit sur leurs parents, ont fait des recherches historiques, militent dans des associations de la Mémoire ou même en sont les responsables. L’intérêt des jeunes à les écouter ne se dément pas et donc il nous faut continuer notre travail car, comme le disait Elie Wiesel, « la barbarie tue toujours deux fois et la deuxième fois c’est par l’oubli ».
Au moment où un peu partout l’extrême droite progresse ou même s’installe au pouvoir, il est plus nécessaire
que jamais de mener à bien ce travail.
Ni l’âge, ni la distance n’ont empêché les témoins de venir. Certains ont plus de 90 ans, d’autres sont venus du sud de la France et même d’Allemagne tellement pour eux il est important de montrer aux jeunes ce que peut être le fascisme, le nazisme, l’extrême droite.


Rachel Jédinak, enfant cachée, présidente du Comité Tlemcen qui oeuvre pour la Mémoire des enfants déportés et assassinés à Auschwitz


Françoise Rossi, secrétaire générale adjointe de l’ADVR, dont la mère, Pierrette, a été déportée à Ravensbrück
Pierre Krasucki, membre du Conseil d’administration de l’ADVR, dont le père, Henri, responsable des jeunes de la MOI à Paris, a été déporté à Auschwitz

Sylvia Gingold, venue d’Allemagne pour évoquer la figure de son père, Peter,, Allemand résistant en France