Communiqué de l’ADVR

L’Association de Défense des Valeurs de la Résistance tient à montrer l’émotion qui est la sienne face à la recrudescence des actes et affirmations antisémites dans notre pays. La mémoire courte des uns , le développement de la peur irrationnelle d’autres peut-être d’ailleurs des mêmes, la haine qui ne fait que croître faute d’éducation, montrent la nécessité du travail de notre association. Tout en s’attachant à la défense des valeurs de la Résistance, il est nécessaire pour nous de montrer sans relâche ce qu’ont été les conséquences de l’antisémitisme qui a entaché si longtemps l’Histoire de l’humanité avant de culminer pendant la dernière guerre mondiale. C’est d’ailleurs pourquoi l’année dernière, l’ADVR a centré son action autour du thème des enfants cachés en travaillant avec le Comité Tlemcen.

C’est aussi pourquoi l’ADVR travaille sur l’Histoire. Chacun sait qu’un peuple qui oublie son Histoire est condamné à la revivre sous une forme ou sous une autre. C’est ce qui se produit aujourd’hui à cause, notamment de l’inquiétant appauvrissement des programmes d’Histoire dans les lycées et les collèges. Il ne sert à rien de dire : « mais que font les enseignants ? », de dire« l’école va faire ceci, va faire cela » quand on ne lui donne pas les moyens de le faire ou, pire, quand on lui enlève les moyens dont elle disposait.

Nous tenons également à faire un point de vocabulaire qui ne nous semble pas inutile quand, même des élus, assimilent l’antisionisme à l’antisémitisme. Il s’agit de deux notions absolument différentes, les termes ne signifient pas la même chose politiquement, historiquement. L’antisémitisme recouvre une notion religieuse et raciste, l’antisionisme est une notion politique. Les juifs antisionistes, et ils sont nombreux, seraient-ils antisémites?

C’est absurde.

Notre tâche, en tant qu’association attachée aux valeurs de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, est immense et nous ne nous découragerons pas. Pas plus que dans des conditions autrement dramatiques, les résistants ne se sont pas découragés.

L’ADVR

75° anniversaire de l’exécution des 22 du groupe Manouchian

Vendredi 15 février, en partenariat avec l’UCFAF (Union culturelle française des Arméniens de France), à l’occasion du75° anniversaire de l’exécution des membres du groupe Manouchian au Mont Valérien le 21 février 1944, nous avons proposé le film de Christophe Betenfeld et Sébastien Viaud « Partisans de la liberté ». Ce beau film, que nous avions déjà présenté il y a deux ans, a été suivi d’un débat entre les deux réalisateurs et un public nombreux…

Le film montre le travail réalisé au cours d’une année scolaire entière (2009-2010) par les deux professeurs-réalisateurs, Christophe, professeur d’histoire, Sébastien, professeur de lettres, mais aussi par leurs collègues d’art plastique, de musique, d’Espagnol, dans une classe de 3° difficile, composée de très nombreux élèves d’origine étrangère.

Le travail a été centré sur le groupe Manouchian, puisque Missak a été arrêté à quelques centaines de mètres du collège, avec la participation de Henry Karayan, Raymond Aubrac et Didier Daeninckx (auteur de
« Missak »).


Mais le personnage principal est Henry Karayan, alors l’un des deux derniers survivants du groupe Manouchian, qui a su conquérir le coeur des élèves et faciliter leur adhésion enthousiaste à ce travail. Et l’on voit au fil du film s’opérer la métamorphose de ces élèves qui s’approprient la mémoire de chacun des membres du groupe, qui se rendent au cimetière d’Ivry où reposent les fusillés pour leur rendre un bel hommage.

Henry Karayan a ainsi réalisé avec les professeurs un travail d’intégration remarquable de ces élèves qui font leur la mémoire de la Résistance et qui font de cette page de l’Histoire de la France une page de leur propre histoire.

Un seul regret, et un gros, que l’Education nationale qui n’a pas soutenu le travail exemplaire de Christophe et de Sébastien n’ait pas non plus voulu s’impliquer dans la diffusion du film pourtant riche d’enseignements ! Mais c’est ainsi et cela n’a surpris personne.

Y. Blondeau

Intervention de Y. Blondeau au nom de l’ADVR lors de la cérémonie d’hommage au groupe Manouchian à Montreuil, le 15 février 2019
Photo de Henry Karayan, extraite du film
Photo des réalisateurs, Christophe Betenfeld (avec le micro) et Sébastien Viaud, pendant la discussion qui a suivi la projection

« L’incroyable oubli de Jules Dumont », par Françoise Demougin- Dumont

Mardi 19 mars, 17h30

Auditorium du Pavillon Carré de Baudouin, 121 rue de Ménilmontant. Métro Gambetta ou Jourdain , bus 96 ou 26

Commandant de la 14° Brigade internationale en Espagne, colonel FTP, Jules Dumont a été fusillé au Mont Valérien le 15 juin 1943.

Née en 1957 à Rabat, Françoise Demougin-Dumont est agrégée des Lettres, professeure des universités émérite en littérature et sciences du langage. Après une thèse sur l’écrivain André Hardellet, elle a centré ses activités d’enseignement et de recherche sur trois domaines : l’enseignement de la langue française et de la littérature, la construction du sujet-lecteur et la littérature de jeunesse. Elle travaille depuis 2014 sur la vie et les engagements de Jules Dumont, son grand-père, auquel elle a consacré un premier livre : La promesse de l’oubli, publié en 2017 aux éditions Tirésias-Michel Reynaud.

TÉLÉCHARGER L’INVITATION : http://advr.fr/wp-content/uploads/2019/02/Jules-Dumont.-3.pdf

Carnet de route à quatre voies – 12 02 2019

Monique, Cinta, Angela, Soledad.

Un petit livre écrit par quatre femmes, qui a la particularité d’être préfacé par deux femmes présidentes ou ex-présidentes , l’une du Chili, Michèle Bachelet, l’autre du Brésil, Dilma Rousseff. Edité par Tirésias.

Mardi 12 février 2019, Monique Roumette a évoqué pour l’ADVR son itinéraire, ainsi que celui de ses trois camarades, dans le Chili des années 70. Quatre militantes, une Française, Monique, une Chilienne, Soledad, une Franco-Espagnole, Cinta, et la dernière, Angela, Brésilienne.

Monique Roumette a évoqué les espoirs de la période Allende dans la construction d’un socialisme humain et dans l’établissement de plus de justice sociale, et la participation de chacune à la réalisation de ces espoirs. Autant de choses insupportables pour i’impérialisme américain et pour la bourgeoisie chilienne. Le coup d’état du 11 septembre 1973 survient dans un pays considéré comme stable et à l’écart des risques d’un putsch militaire. Pinochet dissipera dans le sang ces illusions en bombardant la Moneda et en installant une dictature particulièrement violente.

Angela, la Brésilienne qui avait déjà dû fuir son pays pour cause de dictature se retrouve avec une amie de Soledad la Chilienne dans le Grand Stade de Santiago où elles subit la torture. Si son statut d’étrangère permet à Angela, grâce aux interventions

du Haut commissariat aux réfugies de l’ONU de sortir de ce stade, c’est les larmes aux yeux qu’elle quitte ses compagnes de détention.Soledad, quant à elle s’exile pour suivre son compagnon, Guillermo Nuñez, un des grands peintres chiliens, dont l’oeuvre, depuis ses deux détentions, dénonce la violence extrême exercée par l’état fasciste sur les corps…

Leur témoignage nous fait aussi vivre la situation des exilés du Chili en France, situation difficile même si l’accueil et la solidarité y ont été exemplaires.

Monique a su nous faire partager les espoirs infinis, les terribles déceptions et les douleurs profondes de l’exil, y compris le poids d’un exil plus ancien, celui de la famille de Cinta héritière de la Retirada…

Elle nous a fait aussi sentir combien les démocraties sont fragiles devant le danger de l’extrême droite toujours aux aguets qui menace aujourd’hui tous les continents et qui a déjà reconquis de solides positions, notamment au pays d’Angela…

Mardi 12 février 2019, Monique Roumette a évoqué pour l’ADVR son itinéraire, ainsi que celui de ses trois camarades, dans le Chili des années 70. Quatre militantes, une Française, Monique, une Chilienne, Soledad, une Franco-Espagnole, Cinta, et la dernière, Angela, Brésilienne.

Monique Roumette a évoqué les espoirs de la période Allende dans la construction d’un socialisme humain et dans l’établissement de plus de justice sociale, et la participation de chacune à la réalisation de ces espoirs. Autant de choses insupportables pour i’impérialisme américain et pour la bourgeoisie chilienne. Le coup d’état du 11 septembre 1973 survient dans un pays considéré comme stable et à l’écart des risques d’un putsch militaire. Pinochet dissipera dans le sang ces illusions en bombardant la Moneda et en installant une dictature particulièrement violente.

Angela, la Brésilienne qui avait déjà dû fuir son pays pour cause de dictature se retrouve avec Soledad la Chilienne dans un stade de Santiago où elles subissent la torture. Si son statut d’étrangère permet à Angela de sortir de ce stade,, son amie Soledad reste longuement emprisonnée.

Leur témoignage nous fait aussi vivre la situation des exilés du Chili en France, situation difficile même si l’accueil et la solidarité y ont été exemplaires.

Monique a su nous faire partager les espoirs infinis, les terribles déceptions et les douleurs profondes de l’exil, y compris le poids d’un exil plus ancien, celui de la famille de Cinta héritière de la Retirada…

Elle nous a fait aussi sentir combien les démocraties sont fragiles devant le danger de l’extrême droite toujours aux aguets qui menace aujourd’hui tous les continents et qui a déjà reconquis de solides positions, notamment au pays d’Angela…

Y. Blondeau

Monique Roumette